Par

Lucas Manouvrier

Publié le

9 juil. 2026 à 12h03

Jalila Giraud, élue de l’opposition au conseil municipal de Vitré (Ille-et-Vilaine), a pris la parole en début de séance, ce lundi 29 juin. La membre du groupe Vitré en commun est revenue sur le sujet de l’eau polluée en février à Vitré. Une information que l’association de protection de l’environnement Vitré-Tuvalu avait révélée dans un communiqué il y a quelques semaines.

Jalila Giraud reproche le manque d’information sur cette pollution aux habitants de Vitré.

Pour rappel, le 11 février 2026, le suivi obligatoire sur la qualité de l’eau distribuée au robinet faisait état d’une eau du robinet dépassant le seuil de conformité pour le métabolite de pesticide Flufenacet ESA (avec une valeur de 0,138 µg/L alors qu’il ne faut pas dépasser 0,1 µg/L).

« Vous avez choisi de mettre sous le tapis cette information »

Le Flufenacet étant le pesticide PFAS le plus utilisé en France, pour le désherbage des céréales contre les graminées adventices.

« C’est un PFAS classé comme un perturbateur endocrinien par l’Autorité européenne des aliments en septembre 2024, explique l’élue. Il perturbe l’hormone qui stimule la glande thyroïde en entraînant notamment des modifications du poids de la thyroïde. Des effets sur le développement du cerveau des enfants ne sont pas exclus. »

Après avoir cité quelques textes de loi, l’élue a visé directement le maire de la ville, l’accusant d’avoir, « malgré la dangerosité de cette substance, choisi, en période électorale, de mettre sous le tapis cette information, au lieu d’appliquer le principe de précaution ».

Elle conclut : « Les jeunes, dans les écoles, collèges et lycées, clubs de sports et autres, ont continué à boire de l’eau et ce n’est pas tolérable. Le bien-être, la santé et la protection des personnes, en particulier des enfants, devraient être une priorité pour tous. »

« Nous n’avons rien caché »

Face à ces attaques, Pierre Léonardi, maire de Vitré s’est défendu : « Le ton que vous utilisez m’inquiète. Je vous savais dans la recherche de la polémique, pas au point d’accuser sans savoir. Non, nous n’étions pas informés, nous n’avons rien caché, rien laissé sous le tapis. À l’inverse, nous travaillons durement sur le sujet auquel nous sommes sensibles. »

Le conseil municipal de Vitré s'est réuni ce lundi 29 juin 2026.
Le conseil municipal de Vitré s’est réuni ce lundi 29 juin 2026. ©Lucas Manouvrier

Le premier édile a ensuite donné la parole à Vanessa Allain, conseillère municipale de la majorité et vice-présidente du syndicat Eau des Portes de Bretagne afin que celle-ci éclaire certains points de cette affaire.

« Sur le territoire, on a 4 captages sur les 12 qui sont classés prioritaires quant à l’amélioration de la qualité de l’eau. Le syndicat a donc mis en place diverses mesures depuis plusieurs années. C’est dans le cadre de ce programme renforcé du suivi qu’il a été constaté ce dépassement de la limite de qualité de l’eau à la sortie d’usine de La Grange à Vitré. Ce prélèvement a été suivi d’une analyse contradictoire, trois à quatre semaines après comme le veut le protocole (le 9 mars 2026, ndlr). »

« D’autres indicateurs à prendre en compte »

Elle détaille : « Dans ce suivi, il y a eu 123 prélèvements en sortie des usines principales depuis 2021. Deux dépassements sont constatés. Il est vrai que l’on peut s’en désoler car c’est un bien commun qui nous est cher à nous aussi. »

Concernant le dépassement du seuil, Vanessa Allain modère, et nuance. « Ces limites mises en place sont là pour surveiller, réagir, piloter. Il y a d’autres seuils que l’on va regarder de plus près et notamment celui de l’Anses début 2026 qui concerne une révision des concentrations maximales admissibles dans l’eau. Sur le Fluenacet, elle est de 8,8 µg/L. »

Soit largement au-dessus de ce qu’a constaté le relevé du 11 février. « Ça reste des indicateurs qui sont aussi à prendre en compte », assure-t-elle.

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