Aux Rencontres de la photographie d’Arles, l’artiste américaine Meghann Riepenhoff propose une exposition d’une grande puissance contemplative. Intitulée Lame de fond (Upwelling), elle réunit, au cloître Saint-Trophime, six œuvres monumentales ayant toutes les caractéristiques de photographies abstraites mais qui sont, en réalité, de vastes cyanotypes réalisés en collaboration directe avec les éléments naturels.

Le titre de l’exposition renvoie au phénomène océanique de la « remontée d’eaux profondes » (upwelling), un mouvement qui régénère les écosystèmes marins. Pour l’artiste, ce terme évoque aussi une montée en puissance, qu’elle soit émotionnelle, politique ou écologique. Son travail explore ainsi « la complexité de nos relations au paysage, au sublime, au temps et à l’impermanence », comme indique le texte de présentation de l’exposition.

Son travail artistique commence par un souvenir d’enfance. Face à l’océan Atlantique, la jeune Meghann découvre une mer à la fois fascinante et inquiétante. « Mes premiers souvenirs viennent du rivage, là où l’eau et la terre se rencontrent. La mer me paraissait belle et dangereuse, immense, et pourtant intimement connectée à mon être », raconte-t-…