Les géants américains de l’IA se livrent une bataille acharnée pour attirer les meilleurs ingénieurs. Mais le rapport de force semble se déséquilibrer, Google perdant progressivement du terrain dans cette guerre des talents. Le groupe a récemment vu deux de ses ingénieurs stars rejoindre ses concurrents directs.
John Jumper, vice-président de Google DeepMind, a quitté l’entreprise à la mi-juin pour rejoindre Anthropic et son modèle Claude. De son côté, Noam Shazeer, figure reconnue de la recherche en IA, a intégré OpenAI et son modèle ChatGPT, à peine deux ans après son arrivée chez Google.
Mais, à la différence du football, aucun montant de transfert n’est communiqué dans le secteur de l’IA.
>> Les explications de Forum : Les géants de l’IA se battent pour attirer les meilleurs ingénieurs / Forum / 2 min. / aujourd’hui à 18:09 « Inertie » de Google
En revanche, l’impact pour Google est bien tangible. Le groupe a vu s’évaporer plus de 200 milliards de dollars de capitalisation boursière en une seule journée, après une baisse de près de 8% de son action.
Mais comment expliquer le départ soudain de ces ingénieurs de chez Google? Tout simplement parce que, dans le domaine de l’IA, le groupe ne fait plus autant rêver. Selon Matthieu Corthésy, spécialiste en IA, interrogé lundi dans l’émission Forum de la RTS, les chercheurs privilégient désormais des environnements plus dynamiques et plus libres, où ils peuvent rester au plus près de l’innovation.
Or, à ce jeu-là, c’est Anthropic qui mène le bal. Son modèle Claude est actuellement le plus performant du marché, toujours selon le spécialiste. À l’inverse, selon lui, Google souffre de sa taille et de son inertie, qui ralentissent les processus d’innovation.
Un moyen de renforcer l’image de l’entreprise
La question des marchés financiers pèse également dans la balance. En effet, il semble qu’Anthropic et OpenAI comptent faire leur entrée en grandes pompes à Wallstreet.
Selon Matthieu Corthésy, le recrutement de figures majeures de l’IA ne relève pas uniquement d’une stratégie technologique, mais aussi d’un signal adressé aux marchés: renforcer l’image des entreprises et rassurer les investisseurs. Avec, en substance, un message clair: « Investissez chez nous, nous alignons les talents d’exception, ceux qui font gagner les matchs et dessinent l’avenir du jeu ».
Reste à voir si Anthropic et OpenAI parviendront à creuser l’écart, ou si Google, mais aussi Meta et Microsoft, pourront encore revenir dans la course dans cette compétition de plus en plus serrée.
Elio Sottas/hkr