Après une première semaine marquée par le Maldoror de Julien Gosselin dans la Cour d’honneur et le cycle Corée, la 80e édition du Festival d’Avignon se poursuit jusqu’au 25 juillet. Voici quelques-uns des spectacles à découvrir.
Le retour sur les planches de Wagner Moura dans « Un procès »
Parmi les rendez-vous très attendus, Un procès, après l’ennemi du peuple réunit la metteuse en scène brésilienne Christiane Jatahy et son compatriote l’acteur Wagner Moura, révélé au grand public par son interprétation de Pablo Escobar dans la série Netflix Narcos, et qui a obtenu le prix d’interprétation à Cannes pour son rôle dans L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho. Fort de ce succès international, le comédien fait son retour sur les planches.
« Avec Wagner (Moura), que je connais depuis longtemps, on avait très envie de travailler ensemble, confiait Christiane Jatahy dans nos colonnes. Je pensais qu’avec la pièce visionnaire d’Ibsen comme point de départ, il y avait beaucoup de choses à dire sur ce qui nous arrive aujourd’hui : les menaces qui pèsent sur la démocratie, le fascisme, la tension entre l’économie et la protection de la nature, et sur l’importance de dire la vérité au milieu des fake news. Cette vague est arrivée d’abord au Brésil (Bolsonaro, Ndlr), mais elle arrive partout, sur tous les continents. »
Pour ce procès théâtralisé, chaque soir, onze spectateurs volontaires tirés au sort, auront la possibilité de se prononcer sur la culpabilité du héros, Tomas Stockman.
Du 11 au 22 juillet à 18h (les 15 et 22 juillet également à 22h) au Gymnase Aubanel. 15/45€
Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee prennent leur envol dans la Cour d’honneur
Isabelle Huppert, ici dans « La Cerisaie » de Tchekhov, retrouvera la Cour d’honneur du Palais des papes les 15 et 16 juillet dans « Oiseau ». / PHOTO Bruno SOUILLARD
Le Festival d’Avignon réunira la Coréenne Hyeyoung Lee et la Française Isabelle Huppert les 15 et 16 juillet dans la Cour d’honneur du Palais des papes pour une lecture performée d’Oiseau, extrait d’Adieux Impossibles de Han Kang, prix Nobel de littérature en 2024, connue notamment pour son roman La Végétarienne. Comme Isabelle Huppert, Hyeyoung Lee est une icône du cinéma dans son pays. Les deux comédiennes avaient déjà été réunies par le réalisateur Hong Sang-soo dans son film La Voyageuse. Elles liront à deux voix Oiseau, dans une mise en scène de Julie Deliquet.
Oiseau est le premier chapitre d’Impossibles adieux de Han Kang, écrivaine qui ne cesse de questionner les épisodes tragiques de l’histoire de son pays en les mêlant à une dimension très intime, voire spirituelle. « La lecture de La Végétarienne a été un choc semblable à ce que j’ai ressenti avec Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez », confiait ainsi Hyeyoung Lee dans nos colonnes. Un rendez-vous immanquable présenté dans le cadre de l’invitation à la langue coréenne, fil rouge de cette 80e édition.
Hyeyoung Lee, icône du cinéma en Corée. / Photo DR
« Oiseau », mercredi 15 et jeudi 16 juillet à 22h. 45€. festival-avignon.com
Molière à la sauce belge dans la carrière de Boulbon
Le Tg Stan joue Molière sur une estrade, dans l’esprit des troupes ambulantes du XVIIe siècle. / Photo Kurt Van der Elst
Du 13 au 25 juillet, les alexandrins de Molière vont résonner dans la carrière de Boulbon… avec l’accent belge. Le collectif flamand tg STAN – avec qui Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon débuta sa carrière – revisite Molière à sa sauce dans 1,2,3 Poquelin, avec huit interprètes qui jouent une quarantaine de personnages. Depuis Le Misanthrope (1998), tg STAN a régulièrement cheminé avec Molière et créé des assemblages insolites avec Poquelin (2003) et Poquelin 2 (2017). « L’état du monde actuel est horrible. Avec Molière, nous rions de ce que nous avons fait de ce monde, il nous réveille ! », estimait dans nos colonnes la comédienne Jolente De Keersmaeker. On peut compter sur le mordant du tg STAN pour passer une soirée drôle et satirique.
Du 13 au 25 juillet. festival-avignon.com. Diffusion sur France 5 et france.tv le 17 juillet
Danse : Katerina Andreou, Boris Charmatz, Ben Duke
La chorégraphe grecque vivant en France, Katerina Andreou, nouvelle figure de proue de la danse européenne. / Photo Bea Borgers
Figure de proue de la scène européenne, Katerina Andreou convie les quatorze interprètes de la compagnie nationale norvégienne Carte Blanche à s’emparer de la question du couple dans How Romantic. Fuyant la naïveté et l’idéalisme au profit d’une ironie mordante, la chorégraphe met en lumière l’ambivalence des relations sentimentales, entre désirs d’attachement et de liberté, en s’inspirant des marathons de danse, populaires aux États-Unis pendant la Grande Dépression.
Artiste complice du Festival d’Avignon en 2024, invité à de multiples reprises, Boris Charmatz revient avec une proposition minimaliste, le solo Muette. Il explore un espace « où le langage ne sort pas, où la langue est tue, où la bouche béante ou close suggère des abîmes d’émotion. »
Artiste complice du Festival d’Avignon en 2024, Boris Charmatz est de retour avec le solo « Muette ». / Photo Laurent Philippe
Dans un autre registre très différent, celui de la danse théâtre, le chorégraphe britannique Ben Duke, connu pour son sens de l’humour un brin provocateur, signe The Last Hamlet, prétendant en finir avec l’une des pièces les plus jouées au monde.
« How romantic », du 13 au 16 juillet à La Fabrica. « Muette » du vendredi 17 au 24 juillet à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon. 35€. « The Last Hamlet », du 17 au 24 juillet à 22h, cloître des Célestins. festival-avignon.com
