L’exposition commence par la photo du bar de l’hôtel Impala : « Il appartenait à ma famille, mais il a aussi été un QG de l’armée congolaise et témoin d’un massacre commis en 1978, l’année de ma naissance », témoigne Sammy Baloji. C’est en 2005 que l’artiste congolais commence à s’intéresser à l’histoire de la région du Katanga. Un territoire bouleversé par des décennies de guerres après qu’elle a fait sécession de la République démocratique du Congo (RDC) en 1960.
Ce voyage personnel lui aura pris neuf ans, pendant lesquels il s’intéresse à la façon dont l’exploitation minière de la région a façonné les paysages de son enfance. Témoin de cette histoire : le train de Bengela, cicatrice coloniale qui relie le Katanga à la côte Atlantique, construit pour extraire les richesses minières.
Une histoire d’en bas
Autre symptôme de cette colonisation, le conflit qui s’est déroulé de 1961 à 1974 dans la zone. La une de Paris Match raconte le prisme européen de la guerre en raison de l’intervention de la Légion étrangère. « Chaque élément présente sa propre vérité, il y a une complémentarité entre les documents officiels et mon récit personnel », argumente l’artiste.
Cette porosité entre la…