Selon l’association France Parkinson, le nombre de personnes atteintes de la maladie de Parkinson pourrait plus que doubler d’ici 2050, passant d’environ 11,8 millions à 25,2 millions dans le monde. De nombreux chercheurs s’efforcent aujourd’hui d’identifier des indices biologiques capables de signaler la maladie avant l’apparition des symptômes manifestes, ce qui permettrait d’intervenir plus tôt.
Une étude publiée en pré-publication dans la revue scientifique iScience par une équipe de l’université du Hebei en Chine, apporte une piste originale.
Une signature métallique inattendue détectée chez les patients
L’équipe de chercheurs dirigée par le biologiste Ming Li a analysé des échantillons de cheveux provenant de 60 personnes atteintes de la maladie de Parkinson et les a comparés à ceux de sujets sains du même âge.
Les cheveux des patients atteints présentaient une composition métallique différente, avec notamment :
Le fer réduit, en particulier, était le changement le plus constant observé. Selon les auteurs, « cette baisse de fer pourrait être liée à un dysfonctionnement du système digestif chez les personnes atteintes de Parkinson », déjà observé par d’autres équipes dans plusieurs contextes.

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Contrairement à un test sanguin, qui ne reflète qu’un instant précis de l’état du corps, le cheveu accumule les métaux sur des semaines ou des mois, comme un enregistrement de ce qui se passe dans l’organisme au fil du temps. C’est cette « archive » naturelle qui intrigue les chercheurs pour une application diagnostique future.

En comparant les cheveux de patients atteints de Parkinson à ceux de sujets sains, les chercheurs ont observé des variations significatives dans certains métaux essentiels. Ces résultats pourraient contribuer à identifier la maladie à un stade plus précoce. © Janeberry, Adobe Stock
Intestin, métaux, cerveau : un triangle biologique sous surveillance
Les chercheurs ne se contentent pas d’observer une différence dans les cheveux : ils explorent le lien complexe entre l’intestin, le microbiote et le cerveau.
Des travaux antérieurs, notamment une étude parue dans Nature communications, ont montré que les personnes atteintes de Parkinson souffrent d’une dysbiose généralisée, une altération du microbiote qui peut précéder les symptômes moteurs de plusieurs années.
Une autre étude, publiée en 2025 dans NPJ Parkinson’s disease, a mis en évidence un dérèglement du fer dans le cerveau, le sang et l’intestin des patients atteints de la maladie de Parkinson.

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Quand l’intestin parle, le cerveau exécute
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Les chercheurs chinois ont également montré une baisse du fer, associée à une barrière intestinale altérée et à l’activité modifiée de gènes liés au métabolisme du fer chez des modèles de souris atteints de Parkinson.
En résumé, plutôt que de simplement refléter l’exposition à l’environnement ou à l’alimentation, le profil métallique du cheveu pourrait être un témoignage indirect de processus biologiques internes perturbés bien avant les premiers signes cliniques.
Vers un dépistage non invasif ? Ce que cette découverte change (ou pas encore)
Avant d’envisager un test capillaire accessible dans les cabinets médicaux, plusieurs étapes restent à franchir :
l’étude actuelle concerne un échantillon limité de participants ;il faut valider les résultats dans des cohortes plus larges et diversifiées ;établir si cette « signature métallique » est suffisamment fiable pour compléter ou améliorer les méthodes de dépistage existantes.
Mais l’idée même qu’une simple mèche de cheveux puisse un jour contribuer à détecter une maladie aussi complexe que la maladie de Parkinson, des années avant l’apparition des symptômes moteurs, ouvre une perspective fascinante sur l’avenir du diagnostic non invasif.