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Le conseil d’administration d’EasyJet a conclu un accord de principe avec le groupe d’investissement américain Apollo sur les conditions financières d’une éventuelle offre de rachat en numéraire valorisant la compagnie aérienne britannique à environ 5,7 milliards de livres sterling, soit près de 7,6 à 7,7 milliards de dollars.

La transaction n’est toutefois pas encore finalisée. Apollo n’a pas annoncé d’intention ferme de déposer une offre et rien ne garantit, à ce stade, que la proposition se transformera en opération définitive. Le conseil d’administration d’EasyJet a donc recommandé aux actionnaires de ne prendre aucune mesure dans l’immédiat.

Selon la proposition transmise le 8 juillet 2026, les actionnaires d’EasyJet recevraient 7,15 livres sterling, soit environ 9,56 dollars, pour chaque action détenue. Cette offre valorise le capital entièrement dilué de la compagnie à près de 5,7 milliards de livres.

Apollo prévoit également une solution alternative pour certains actionnaires éligibles. Ceux-ci pourraient transférer tout ou partie de leur participation dans le véhicule d’investissement à travers lequel les fonds d’Apollo détiendraient EasyJet après son retrait éventuel de la Bourse. Cette option leur permettrait de rester exposés à la croissance future de la compagnie et de conserver des droits de vote. Ses modalités restent néanmoins en cours de négociation.

Après avoir étudié la proposition avec ses conseillers financiers, le conseil d’administration d’EasyJet a estimé à l’unanimité que les conditions financières se situaient à un niveau susceptible d’être recommandé aux actionnaires.

Cette recommandation ne deviendra cependant effective que si Apollo annonce une intention ferme de déposer une offre aux mêmes conditions, si les documents définitifs sont approuvés et si les autres modalités de la transaction, notamment celles concernant l’alternative en actions, sont finalisées.

L’intervention d’Apollo bouleverse la tentative de rachat menée par Castlelake. Quelques jours auparavant, EasyJet avait conclu un premier accord de principe avec ce groupe américain autour d’une offre de 6,90 livres par action, soit environ 9,23 dollars.

La proposition d’Apollo est ainsi supérieure de 0,25 livre par action, soit environ 3,6 %, à celle de Castlelake. Cette dernière valorisait EasyJet à près de 5,5 milliards de livres, l’équivalent d’environ 7,35 milliards de dollars.

Le conseil d’administration considère que l’offre d’Apollo apporte une valeur en numéraire plus élevée, ainsi qu’une meilleure combinaison entre valorisation, cohérence stratégique et gestion à long terme. Il a donc indiqué qu’il n’était désormais plus disposé à recommander la proposition de Castlelake.

Selon le Financial Times, l’arrivée d’Apollo constitue un retournement de dernière minute dans une bataille de rachat engagée depuis près d’un mois. EasyJet avait précédemment rejeté plusieurs propositions de Castlelake, jugées insuffisantes, avant d’accepter en principe sa dernière offre à 6,90 livres par action.

La proposition d’Apollo représente une prime de 81 % par rapport au cours de clôture de l’action EasyJet, qui s’établissait à 3,94 livres le 28 mai 2026, dernière séance précédant l’ouverture de la période d’offres liée à Castlelake.

Elle dépasse également de 22 % le plus haut niveau atteint par le titre au cours des quatre années précédant cette date, soit 5,88 livres. Par rapport au cours moyen pondéré par les volumes des 90 jours ayant précédé le 28 mai, établi à 3,97 livres, la prime atteint 80 %.

L’action EasyJet a fortement progressé après l’annonce. Elle est montée jusqu’à environ 6,80 livres durant la séance du vendredi 10 juillet, son niveau le plus élevé depuis février 2022, tout en restant inférieure aux 7,15 livres proposées par Apollo.

Cet écart traduit les incertitudes qui entourent encore l’opération, notamment le risque que la proposition ne devienne pas une offre contraignante ou que les autorisations réglementaires nécessaires ne soient pas obtenues.

Apollo a indiqué que la partie en numéraire serait intégralement financée par une combinaison de capitaux déjà engagés et de lignes de crédit. Les fonds propres seraient apportés par les fonds gérés par le groupe américain, tandis que Barclays s’est déclaré très confiant dans sa capacité à organiser le financement par dette nécessaire à l’opération.

Le groupe affirme suivre EasyJet depuis plusieurs années et considère la compagnie comme l’une des entreprises les plus attractives du secteur aérien mondial, grâce à une marque différenciée et à un potentiel de croissance à long terme.

Apollo entend soutenir la stratégie actuelle de la compagnie, fondée sur le renforcement de son modèle à bas coût, l’utilisation croissante d’avions de plus grande capacité et plus efficaces, le développement des services complémentaires et des programmes de fidélité, ainsi que l’expansion d’EasyJet Holidays.

Le passage d’EasyJet sous contrôle privé pourrait, selon Apollo, lui donner accès à des capitaux supplémentaires, faciliter une planification stratégique à plus long terme et accélérer ses projets opérationnels et commerciaux.

Le groupe américain a également souligné l’importance de conserver les principaux cadres et salariés de la compagnie. Il estime que le développement d’EasyJet pourrait s’accompagner d’une croissance de ses effectifs et de nouvelles perspectives pour les employés.

Apollo prévoit par ailleurs de conserver le nom EasyJet et l’accord de licence conclu avec easyGroup, la société contrôlée par le fondateur de la compagnie, Stelios Haji-Ioannou. Le groupe s’attend à ce que la valeur de la marque et les redevances associées augmentent avec le développement des activités de la compagnie.

La question réglementaire restera néanmoins déterminante. Les compagnies opérant dans l’Union européenne doivent respecter des règles imposant une majorité de propriété et un contrôle effectif européens. Une acquisition par un investisseur américain devra donc être structurée de manière à préserver ces exigences.

Apollo s’est engagé à prendre toutes les mesures nécessaires pour obtenir les autorisations relatives au contrôle des concentrations et au règlement européen sur les subventions étrangères. Le groupe promet également de déployer ses meilleurs efforts pour satisfaire les autres conditions réglementaires nécessaires à la réalisation de l’opération.

Apollo dispose désormais d’un délai allant jusqu’au 7 août 2026 à 17 heures, heure de Londres, pour annoncer une intention ferme de déposer une offre conformément au Code britannique des fusions et acquisitions, ou déclarer qu’il renonce à l’opération. Cette échéance ne pourra être prolongée qu’avec l’accord du Takeover Panel britannique.

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