Une étude américaine publiée en 2024 révèle jusqu’à 240 000 particules plastiques par litre dans certaines eaux en bouteille. Une seule échappe aux microplastiques détectables, sans que sa marque soit dévoilée.

Boire une simple bouteille d’eau peut-il exposer à des milliers de fragments de plastique ? Une étude menée par l’université américaine Columbia University et par Rutgers University, publiée en janvier 2024 dans la revue scientifique PNAS, a mesuré jusqu’à environ 240 000 particules plastiques par litre dans certaines eaux conditionnées. Parmi les échantillons analysés, un seul flacon est pourtant ressorti sans aucune particule détectable. De quoi relancer la quête d’une véritable eau en bouteille sans microplastiques.

Pour les consommateurs, l’information fait autant espérer que douter : si une eau peut ressortir parfaitement nette au microscope, quelle marque choisir au supermarché ? Les auteurs n’ont pas dévoilé le nom de cette bouteille unique et précisent que l’absence de particules détectées signifie seulement qu’elles se situent en dessous du seuil de détection de la méthode. Dans le même temps, la quasi-totalité des autres échantillons contenait des microplastiques ou des nanoplastiques, tandis que les risques exacts pour la santé restent encore mal cernés.

Eau en bouteille sans microplastiques : une exception qui interroge

Dans cette enquête, les scientifiques ont analysé plusieurs bouteilles de grandes marques d’eau minérale et de source vendues aux États-Unis. Toutes présentaient des particules plastiques, sauf une, dans laquelle aucun fragment n’a été repéré. Cela montre qu’une eau en bouteille sans microplastiques détectables est techniquement possible, à condition de maîtriser la production du captage au conditionnement. Les auteurs restent toutefois prudents, car un autre lot de la même marque aurait très bien pu afficher un résultat différent.

Microplastiques, nanoplastiques : ce que révèle l’étude PNAS

Les microplastiques désignent des fragments de plastique inférieurs à 5 millimètres, issus par exemple de la dégradation des emballages ou des fibres textiles. Les nanoplastiques franchissent une nouvelle échelle : leur taille descend en dessous du micromètre, parfois autour de quelques centaines de nanomètres, soit mille fois plus petit qu’un grain de sable. Ces dimensions minuscules les rendent capables de traverser certaines barrières physiologiques du corps humain, comme l’ont déjà souligné l’Organisation mondiale de la santé et plusieurs équipes de recherche.

Selon l’étude publiée dans la revue scientifique PNAS en janvier 2024, menée par Columbia University et Rutgers University, chaque litre d’eau en bouteille analysé contenait entre environ 110 000 et 370 000 particules plastiques, pour une moyenne proche de 240 000. Près de 90 % d’entre elles étaient des nanoplastiques, identifiés grâce à une technique de microscopie Raman stimulée couplée à un algorithme d’analyse. L’association professionnelle International Bottled Water Association rappelle de son côté que les connaissances sur les effets sanitaires restent limitées et qu’il n’existe pas encore de normes spécifiques pour ces particules dans l’eau potable.

Peut-on vraiment choisir une eau en bouteille sans microplastiques ?

Les chercheurs ont aussi identifié plusieurs sources possibles de cette pollution invisible. Une grande part des fragments provenait du PET, le plastique qui compose la bouteille, susceptible de libérer des particules lors du moulage, du transport, des chocs ou de l’exposition à la chaleur. D’autres polymères, comme le polyamide apparenté au nylon, semblent venir des filtres et membranes utilisés pour purifier l’eau, par exemple lors d’un traitement par osmose inverse avant l’embouteillage.

Pour qui espère trouver une eau en bouteille sans microplastiques clairement identifiée en rayon, la réponse reste frustrante : la marque irréprochable n’est pas connue et rien ne prouve que ses futurs lots resteraient indemnes. Les spécialistes recommandent plutôt de limiter l’exposition globale en adoptant quelques réflexes simples :

éviter de laisser les bouteilles en plastique au soleil ou dans une voiture chaude ;

ne pas maltraiter la bouteille, pour réduire la libération de fragments de PET ;

privilégier, quand c’est possible, l’eau du robinet contrôlée localement, éventuellement filtrée, et les contenants en verre ou en inox.

Pour l’heure, aucun marquage officiel ne garantit l’absence totale de microplastiques dans une eau embouteillée.