Il y a là quelque chose d’assez rare à Monaco : une respiration au ras de l’eau, sans voiture, sans pente, sans vitrine tapageuse. Un havre de tranquillité.

À Monaco, 2,08 km², deuxième plus petit État indépendant du monde (après le Vatican), on ne gagne jamais de l’espace innocemment. Chaque mètre carré raconte quelque chose du pays : son relief, son manque de place, son goût des prouesses, sa manière de regarder la mer comme une frontière et comme une réserve. C’est la surface qui désenclave. Mareterra, posé entre le Grimaldi Forum et le Larvotto, tient dans cette tension. Six hectares sortis de la Méditerranée, soit 3 % de territoire en plus pour une principauté qui ne peut presque plus s’étendre. Dit ainsi, le projet pourrait n’être qu’un record immobilier de plus. Sur place, il se lit autrement : comme une promenade neuve, très exclusive par ce qu’elle abrite, mais ouverte par ce qu’elle donne à traverser.

Depuis le Larvotto, le front de mer se poursuit entre pierre claire, bassins, plantations encore jeunes et vues soudaines sur le large. Tout est récent, trop récent même pour avoir déjà une mémoire. Les façades n’ont pas encore…

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Le Figaro

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