Si les vacances sont un moment propice pour se vider la tête, les élus fédéraux, eux, profitent de cette période pour réfléchir à une question parfois difficile: se présenteront-ils aux prochaines élections fédérales? A Berne, les plans pour 2027 sont très variés.
Lors des élections au Conseil national, en moyenne, un parlementaire sur quatre est remplacé. Tantôt par choix, tantôt par échec électoral, mais parfois aussi par contrainte, car les règles internes de certains partis peuvent définir des limites à la durée pendant laquelle un élu peut siéger à Berne.
C’est le cas de la section valaisanne du PLR, qui fixe sa limite à trois mandats par député au Parlement. Le conseiller national Philippe Nantermod (PLR/VS) devra ainsi quitter le Palais fédéral à la fin de la législature, par exemple.
Plus d’un an avant les prochaines élections fédérales prévues 24 octobre 2027, la plupart des parlementaires ont donc déjà réfléchi à la question.
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Motivation et engagement
La durée du mandat peut également jouer un rôle dans la prise de décision des parlementaires. Siéger au Parlement nécessite en effet de s’investir pendant quatre ans. Et entre le travail de commission, les préparations d’interventions au plénum et les réunions des groupes, les députés sont très sollicités durant leur séjour à Berne. Sans oublier qu’il s’agit d’un Parlement de milice: certains parlementaires gardent encore leur profession à côté.
Il y a un énorme travail à faire. Raison pour laquelle je suis vraiment prête à m’engager dans la prochaine campagne
Delphine Klopfenstein Broggini, conseillère nationale (Vert.e.s/GE)
Il faut donc être motivé et certain de ses choix pour se représenter. « Dès le moment où l’on est convaincu soi-même qu’il faut agir, qu’il faut changer les choses, qu’il faut bouger les lignes, c’est là qu’on tire notre énergie », estime la conseillère nationale (Vert.e.s/GE) Delphine Klopfenstein Broggini dans La Matinale de la RTS.
« Il y a un énorme travail à faire », ajoute-t-elle. « Raison pour laquelle je suis vraiment prête à m’engager dans la prochaine campagne, dans la perspective aussi d’avoir une meilleure représentation des femmes et d’avoir plus de forces progressistes, parce qu’on en a absolument besoin. »
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« Laisser la place aux jeunes »
Face à ces défis, certains préfèrent en revanche laisser leur siège à d’autres, à l’instar de la conseillère nationale Brigitte Crottaz (PS/VD). « J’ai atteint un âge où j’estime qu’il est bientôt temps de laisser la place aux plus jeunes », confie-t-elle.
« Cela fera dix ans que je suis au Conseil national. J’ai été très contente et je suis surtout satisfaite de cette dernière législature, où j’ai enfin pu siéger dans la commission qui me tenait à cœur, celle de la santé », poursuit la socialiste. « Mais je vois aussi tous les écueils de cette commission et toutes les difficultés qu’il y a à faire passer des projets. Je pense qu’il faut des forces vives pour continuer le combat. »
J’ai atteint un âge où j’estime qu’il est bientôt temps de laisser la place aux plus jeunes
Brigitte Crottaz, conseillère nationale (PS/VD) Parlementaires indécis
D’autres députés se montrent encore indécis. Le choix de se représenter aux élections fédérales se fait généralement après discussion avec son propre parti, pour des questions de stratégie, mais également de relève, souligne Roger Golay, conseiller national MCG.
« Sincèrement, je ne sais pas encore si je vais me représenter ou pas. Cela dépendra de plusieurs éléments, notamment de savoir qui seront les candidats », explique le Genevois. « C’est clair que si je vois qu’il y a des candidats qui se dispersent sur des thèmes qui sont quand même différents de ce que nous avons décidé à l’époque, je me représenterai. »
Je ne sais pas encore si je vais me représenter ou pas. Cela dépendra de plusieurs éléments, notamment de savoir qui seront les candidats
Roger Golay, conseiller national (MCG/GE)
Siéger à Berne peut également ouvrir des portes dans d’autres arènes politiques. La conseillère nationale (Centre/FR) Marie-France Roth Pasquier, par exemple, est candidate au Conseil d’Etat fribourgeois. « Je ne dirais pas que je suis fatiguée, mais comme j’apprécie beaucoup le travail exécutif, je pense que le Conseil d’Etat pourrait mieux me convenir », affirme-t-elle. Son avenir au Parlement dépendra donc des résultats de cette élection.
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Enfin, certains parlementaires ont préféré ne pas communiquer leur décision à la RTS. Annoncer trop vite son départ peut en effet avoir des conséquences: moins de sollicitations pour des projets, moins de poids dans les débats. Pour les députés, il faut savoir rester stratégique et faire ses annonces au bon moment.
jo/edel