L’Union européenne impose depuis le 1er juillet une taxe sur les petits colis en provenance de Chine. Mais les géants du e-commerce pourraient facilement passer par la Suisse pour la contourner. Des voix s’élèvent donc pour éviter de devenir une plaque tournante des produits chinois.
Européennes et Européens raffolent désormais des produits bon marché vendus par des plateformes chinoises comme Shein et Temu. Les achats en ligne ont explosé ces dernières années, dopés encore par la publicité et les partenariats sur les réseaux sociaux. Et ils concernent de nombreux domaines: produits domestiques, vêtements, affaires de sport, électronique ou autres substances diverses et variées.
Douanes dépassées
Pour freiner cette dynamique, l’Union européenne a décidé de taxer les petites commandes. Ainsi, depuis le 1er juillet, tout achat d’un montant inférieur à 150 euros est soumis à une taxe forfaitaire fixe de trois euros.
Mais les géants chinois pourraient facilement contourner cette mesure en envoyant les commandes par avion en Suisse, avant de les réacheminer vers d’autres pays par la route ou le rail. Or, les douanes suisses sont déjà sous pression, voire dépassées par l’affluence de plusieurs centaines de milliers de colis par jour.
Pas avant 2028
Elles ne peuvent donc pas contrôler tous les envois en provenance de Chine, et des produits ne respectant pas les normes de sécurité et de santé pourraient donc facilement inonder l’Europe depuis la Suisse, fustige notamment l’ONG Public Eye. Elle accuse ainsi le Conseil fédéral de ne pas avoir légiféré en même temps que l’UE.
>> Lire aussi : Achats en ligne: près de 700 envois illégaux saisis par les agents de la douane suisse en une semaine et Cinq jours de prison avec sursis pour un pistolet à eau
« C’est un problème que le Conseil fédéral n’ait pas rapidement trouvé une réglementation commune et uniforme avec l’UE », dénonce David Hachfeld, expert textile chez Public Eye. « Aujourd’hui, nous en subissons les conséquences. »
Le Parlement a bel et bien adopté une taxe sur les petits colis en provenance de plateformes chinoises, mais elle ne devrait pas entrer en vigueur avant 2028.
>> Lire aussi sur ce sujet : Le Conseil fédéral met en consultation des nouvelles règles sur le commerce en ligne
Charlotte Onfroy-Barrier/jop