Le Léman a atteint 27 degrés en ce mois de juillet, un record. Mais le réchauffement des eaux lacustres menace l’écosystème aquatique. La CIPEL, organisme de surveillance du lac, tire la sonnette d’alarme
« Il y a beaucoup moins de zooplancton dans le lac. C’est pourtant un maillon très important dans la chaîne alimentaire: s’il s’effondre, il n’y a plus à manger pour les poissons », a expliqué la secrétaire générale de la Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL) Nicole Gallina mardi dans le 19h30 de la RTS.
Le Léman se réchauffe d’année en année. « Les températures de surface ont atteint des niveaux sans précédent, avec une moyenne annuelle de 13,6 °C, soit 1,3 °C au-dessus de la moyenne des 30 dernières années », indiquait la CIPEL en janvier 2025, lors de la publication de son dernier rapport scientifique, qui portait sur des données de 2023.
>> Le reportage du 19h30 :
La température des lacs augmente même en profondeur / 19h30 / 1 min. / hier à 19:30 Un brassage incomplet en hiver
Le phénomène s’étend sur toutes les saisons, mais l’hiver est déterminant. Durant cette période, le lac doit être suffisamment froid pour être brassé à l’aide du vent, afin de faire circuler l’oxygène et les nutriments.
Avec le réchauffement climatique, les hivers sont plus doux. Le mélange entre les eaux de surface et les masses des profondeurs ne fonctionne plus aussi bien. En conséquence, les substances nutritives ne sont pas bien réparties et la croissance du plancton s’en trouve entravée.
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Moins de féras
Les températures en profondeur sont également essentielles pour l’écosystème lacustre. Or, en un quart de siècle, le fond du Léman s’est réchauffé, gagnant 0,6 degré. Les lacs de Bienne, de Morat et de Neuchâtel suivent la même tendance.
Poissons emblématiques du Léman, les corégones, plus connus sous le nom de ‘féras’, sont ainsi en diminution.
De quoi faire craindre pour la pêche professionnelle. La jeune pêcheuse Laura Fayet préfère, elle, rester optimiste: « Ce n’est pas impossible que les salmonidés s’adaptent. Des corégones vivent dans des lacs italiens où l’eau est plus chaude. Mais le changement climatique arrive très vite, il faut du temps pour qu’ils puissent s’adapter », déclare-t-elle.
Sujet TV: Léa Bucher
Adaptation web: Antoine Michel