DÉCRYPTAGE – Élu de justesse à la présidence de la Colombie le 21 juin, l’avocat d’extrême droite organise méthodiquement son arrivée à la Casa de Nariño, prévue le 7 août, malgré une transition qui s’annonce explosive avec le président sortant, Gustavo Petro.

À peine élu, et d’une courte tête (49,7 % des voix contre 48,7 % au candidat de gauche Iván Cepeda), Abelardo de la Espriella s’est lancé à l’assaut du pouvoir en formant à Bogota son « Arche de Noé », composée de 22 groupes de travail et 1 300 sympathisants. L’image est censée indiquer que les crises laissées par son prédécesseur Gustavo Petro pouvaient être comparées au Déluge. Le chef de ce projet n’est autre que José Manuel Restrepo, le vice-président élu, ex-ministre des Finances d’Ivan Duque venu en mars tempérer une campagne outrancière afin d’y rallier la droite traditionnelle et le centre. Son rôle exact reste à délimiter, mais « aucun vice-président n’a concentré autant de pouvoir depuis la création du poste, en 1991 », note Jorge Restrepo, directeur du centre d’analyse des conflits Cerac.

Élu sur un discours anti-establishment au nom des nunca, les « jamais » du système, de la Espriella s’entoure pourtant d’héritiers d’une droite traditionnelle. Rodrigo Lara, fils…

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Le Figaro

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