Dix ans après sa première carte blanche, Patrick Watson était de retour au FEQ en contrôle total de ses moyens et entouré par ses complices de longue date.
Il a invité les festivaliers dans son vaste univers éclaté avec une magnifique carte blanche qui était un véritable voyage à travers différents albums. De Close To Paradise à Un Oh, en passant par Wooden Arms, Wave et Better in the Shade.
Il a d’ailleurs frappé fort dès le départ en démarrant avec Gordon In The Willows. Son interprétation, tout à fait hypnotisante, a donné le ton à la soirée.
À travers son riche programme d’une vingtaine de chansons, on a notamment eu droit à plusieurs moments de complicités avec ses trois acolytes: la chanteuse La Force (Ariel Engle) ainsi que les musiciens Mishka Stein et Olivier Fairfield.
Son spectacle de 2015, bercé par Love Songs For Robots, nous avait surtout offert des moments plus planants. Cette fois-ci, les festivaliers ont profité de chansons plus intenses, chargées de grandes émotions. Comme Lost With You ou encore Peter And The Wolf.
À l’aise sur scène comme s’il ne performait que devant quelques dizaines de personnes, Patrick Watson a pris le temps de mettre en contexte certains morceaux et de rigoler avec la foule. Même lorsqu’il s’est trompé dans les paroles de Man Like You (2009), il n’avait pas l’air le moindrement perturbé.
Outre La Force, l’auteur-compositeur-interprète a invité sur scènes quelques collaboratrices pour des moments précis. Il a notamment débuté avec «la légende» Martha Wainwright.
«La légende n’a jamais vu autant de monde! Mais la légende te remercie Patrick pour cette invitation», a rigolé la chanteuse, avant de lancer House on Fire.
L’artiste Hohnen Ford, qui a fait le voyage d’Angleterre spécialement pour le FEQ, a quant à elle interprété Postcards aux côtés de Watson.
L’artiste de cirque Yoann Bourgeois a quant à lui insufflé un brin de poésie pendant Here Comes The River avec un numéro de trampoline. Plus tard, cette même trampoline a transformé Patrick Watson et Klô Pelgag en deux gamins alors qu’ils interprétaient Ami imaginaire.
Afin de rendre un bref hommage à Jean Leloup, Les Louanges a rejoint la troupe en fin de parcours afin de jouer I Lost My Baby.
Évidemment, les succès Je te laisserai des mots et To Build A Home ont créé des moments magiques. Lors de cette dernière, un véritable silence aurait même pu régner sur les plaines si ce n’était pas du bruit de place George-V. Au parterre comme sur la butte, les festivaliers étaient complètement envoutés.
Ceux qui sont restés jusqu’à la fin ont aussi eu la chance d’entendre The Great Escape.
«On va en faire une dernière! Vous êtes trop merveilleux», a lancé Patrick Watson, sautant sur son piano, de façon un peu improvisée. Ses musiciens l’ont suivi naturellement: La Force a joint sa voix à la sienne, puis la guitare, la basse et la batterie se sont ajoutées une à une. Tout en complicité.
Klô Pelgag
Impossible de s’ennuyer à un spectacle de Klô Pelgag… Et cette dernière nous l’a bien rappelé mardi.
Pour sa toute première performance sur les plaines, l’autrice-compositrice-interprète a su bien habiter la plus grande scène du FEQ. Si ses chansons et sa voix unique ont bien entendu rythmé la soirée, la mise en scène éclatée de son spectacle a diverti à souhait les nombreux curieux rassemblés sur le site.
Le visuel surprenant avait notamment de quoi garder les spectateurs attentifs. Du plan fixe d’un spaghetti aux boulettes de viande aux nombreux points de vue de caméra. Klô Pelgag a elle-même joué à la caméraman quelques instants, permettant à la foule de voir sa prestation sous de nouveaux angles.
Sur Lettre à une jeune poète, la fille de la chanteuse a d’ailleurs pris le relais derrière la caméra, proposant encore une fois un nouveau point de vue pour observer la soirée. Même les musiciens, accompagnés d’appareil vidéo sur leurs instruments, ont contribué à la captation d’images.
Heureusement qu’il y avait ces projections pour suivre Klô Pelgag, car l’artiste n’a pas cessé de bouger pendant son spectacle, habitant la scène. Et ce, qu’elle se promène d’un bout à l’autre de celle-ci, qu’elle y soit couchée la tête en bas ou qu’elle saute sur place.
La chanteuse est même montée sur les épaules d’un gardien de sécurité qui l’a conduit à travers la foule. Entourée par les festivaliers, elle a interprété avec eux, yeux dans les yeux, Les puits de lumière.
Quoique parfois essoufflée par ses nombreux mouvements, Klô Pelgag a toutefois assuré au niveau de la performance vocale. Sa voix nette et claire a notamment brillé sur Sans visage, la décoiffante Décembre ou encore Comme des rames, une pièce que l’on retrouve sur son premier album.
Bertrand Belin
La soirée a débuté tout en beauté: Bertrand Belin a été accueilli par les rayons du soleil et un ciel bleu, mais aussi par quelques dizaines d’admirateurs.
Le chanteur français a présenté à la foule quelques pièces de son plus récent album Watt (2025).
«Merci de nous recevoir. […] Vous êtes beaux à mourir», a lancé l’artiste, bien entouré par ses sept musiciens.
Le Festival d’été de Québec se poursuit jusqu’au 19 juillet.
Pour notre couverture complète de l’événement, c’est ici.