CRITIQUE – L’étoile de l’Opéra danse et joue Le Rappel des oiseaux, inspiré de Gogol, tandis que le chorégraphe montre Prométhée. Deux expériences réjouissantes.

Il n’y a qu’un fil de la danse à la folie, parce que l’une se passe de mots et que l’autre peine à les trouver. Mathieu Ganio s’y promène souverainement. Ce danseur, qui a compté parmi les plus belles étoiles de l’Opéra de Paris avant de tirer sa révérence en février 2025, à 41 ans, joue des extraits du Journal d’un fou, de Gogol. Ce projet, mis en scène par Orianne Moretti et chorégraphié par Bruno Bouché, a été créé en 2016. Dix ans plus tard, Ganio a gagné en intensité et en naturel. Il danse et campe un Proprichtine habité, mène le crescendo de la folie, laissant le spectateur pénétrer à mesure dans le dédale des pensées en abîme avec le réel. Sans hystérie, avec une précision remarquable. La scène dessine un écrin d’une beauté splendide, particulièrement appréciable dans le tumulte avignonnais. Une chaise, un banc qui sert de couche avec un drap dont les plis coulent dans une pénombre caravagesque. Un projecteur et un piano droit où Guilhem Fabre joue Bach et Rameau. Aucune fausse…

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Le Figaro

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