Clément Thonneau n’aura roulé sa bosse à Digne-les-Bains que le temps d’une année scolaire. Celle de son affectation au lycée David-Néel. À 26 ans, le professeur d’histoire géographie aura à peine pris ses marques d’explorateur, en ce territoire qu’il a choisi et qu’il adore, que déjà il a refermé sa trousse. Rangé ses cartes et ses dates pour, à la rentrée, exercer son métier à Marseille.
« C’était merveilleux ici. Je me suis fait des potes. Les élèves étaient géniaux. » Mais il doit partir l’oiseau migrateur. Lisser son plumage, encore duveteux, sous d’autres horizons pédagogiques. Non sans laisser une trace dans le paysage bas-alpin. Comme une promesse de retour. Un jour. Pour mieux révéler ces montagnes et ces hommes qui l’habitent.
« Ce n’est pas le boîtier qui importe, c’est l’image »
Comme il le fait depuis si longtemps. Son objectif en bandoulière. Enfant sur la Canebière. « Avec l’appareil de mon père, je faisais des petits reportages. Je me rêvais journaliste. » De la hauteur de ses 10 ans, il shootait, « choqué » par leur nombre, « les déchets ».
Cette passion ne l’a jamais quitté. De sauts de puce à Dijon – d’où il est originaire – en voyage d’hirondelle au Pérou – où il a travaillé …