Un nouveau centre pour les vaccins du futur à RixensartUne digue pour empêcher les virus de passer
Plutôt que d’attendre que le virus soit installé dans l’organisme, nous cherchons à l’empêcher de franchir cette première barrière en intervenant directement au niveau des voies nasales », explique le professeur Stéphane Vincent, du Laboratoire de Chimie Bio-Organique et membre des Instituts NISM et NARILIS de l’UNamur.
Le but est d’empêcher le virus de franchir la première barrière en intervenant directement dans le nez
« Même si les publications que nous avons faites concernent des souches anciennes du SARS-CoV-2, nos résultats montrent que l’efficacité est maintenue, indépendamment des mutations, des nouveaux variants ou de nouveaux virus émergents », souligne le professeur David Alsteens, du laboratoire NanoBioPhysics et membre du Louvain Institute of Biomolecular Science and Technology de l’UCLouvain et du WEL Research Institute.
Actuellement, la molécule 9-Ac-SAP permet de contrer plusieurs virus respiratoires majeurs, dont le SARS-CoV-2 (qui donne le Covid-19), les virus de la grippe et le virus respiratoire syncytial (le VRS). En ciblant une étape très précoce et commune du processus infectieux, c’est-à-dire l’attachement du virus à la cellule hôte, la technologie ouvre la voie à une stratégie préventive complémentaire aux vaccins, aux traitements antiviraux existants et aux mesures de protection classiques.
Une découverte qui date de la pandémie de Covid
En 2020, dès le début de l’épidémie du coronavirus, David Alsteens (UCLouvain, WEL Research Institute), utilise sa plateforme de microscopie à force atomique de pointe, pour observer comment le covid s’attache à nos cellules.

Le nouveau spray nasal intercepte les virus avant qu’ils ne puissent s’accrocher aux cellules humaines. ©C Adobe Stock
Avec son équipe de UCLouvain-WEL Research Institute, le chercheur découvre l’importance de certains acides sialiques à la surface de nos cellules pour permettre au virus de s’y attacher. Les acides sialiques, des résidus de sucre, sont comme des petits verrous où le virus vient se fixer grâce à ses protéines de surface avant d’entrer dans la cellule hôte.
80% : c’est le taux d’efficacité mesuré sur les souris pour ce leurre moléculaire innovant. L’étape suivante ? Les essais sur l’homme.
Maintenant que le mécanisme est mis au jour, il faut réussir à le contrer. C’est là que David Alsteens se tourne vers le professeur Stéphane Vincent du Laboratoire de Chimie Bio-organique de l’UNamur. Il produit alors une molécule flanquée d’acides sialiques, un leurre, qui sature le virus et l’empêche de se lier aux cellules de son hôte.
Une spin-off pour développer le spray
Une spin-off a été créée fin juin 2026 pour allier l’expertise des deux équipes de chercheurs. Cette jeune entreprise wallonne, baptisée Intercept Bio, bénéficie du soutien de plusieurs programmes de financement.
Le leurre développé par les scientifiques montre une efficacité de 80 % sur les souris. La spin-off doit maintenant entamer les étapes délicates du développement préclinique (tests en laboratoires) et clinique (essais sur l’homme), et mobiliser les financements nécessaires à ces prochaines étapes.
Au-delà de ce premier produit, Intercept Bio ambitionne de développer progressivement un portefeuille de produits fondés sur la même plateforme technologique.