Quelques visiteurs déambulent dans le centre d’interprétation Gauguin, l’atelier du Pouldu, à Clohars-Carnoët, ce mercredi 15 juillet 2026. Celui-ci a ouvert il y a un an. Au bout de la nouvelle aile trône le bâtiment initial, la reconstitution de La Buvette de la Plage, un établissement tenu par Marie Henry à la fin du XIXe siècle, qui a accueilli de nombreux peintres, au premier rang desquels Paul Gauguin, donc.
C’est ce bâtiment qui accueille l’atelier Filiger, ouvert aux visiteurs depuis ce 15 juillet. « Les fonctions d’accueil et de billetterie se trouvaient ici, avant d’être déplacées dans la nouvelle aile », explique Maud Naour, directrice du centre d’interprétation. Cette pièce libérée, elle décide de s’en servir afin de recréer l’atelier du peintre Charles Filiger, qui a habité treize ans au Pouldu, bien plus longtemps que Paul Gauguin.
« Un peintre très minutieux »
« Charles Filiger était un homme très solitaire. Il ne pouvait pas se fondre dans la société, raconte Maud Naour. C’était un peintre très minutieux, donc moins prolifique que Gauguin, par exemple ». Au contact de ce dernier, le style de Charles Filiger évolue. De moins en moins figuratif, il s’oriente vers le synthétisme. La vie « compliquée » du peintre s’achève dans l’anonymat en 1928, à l’âge de 64 ans. Habillé par du mobilier d’époque, l’atelier sera enrichi dans les années qui viennent par les dons et des reproductions des œuvres de l’artiste.
L’atelier Filiger prend place parmi les 600 m² d’expositions. « Les 200 m² initiaux de la maison de Marie Henry ont été complétés l’année dernière par un parcours permanent de 400 m² », précise Maud Naour. Les limites du bâtiment reconstitué en 1989, sous l’impulsion du maire d’alors, Marcel Raoult, sont pointées par l’association des Amis de la maison de Marie Henry. « Assez rapidement, elle alerte sur l’étroitesse des lieux », raconte Maud Naour.
On voit un engouement autour de ce lieu, les gens ont été agréablement surpris. Certains reviennent plusieurs fois24 000 visiteurs en un an
Trois décennies plus tard, en 2025, c’est donc l’aboutissement de la première phase d’un long projet à plus de 3 M€ – dont 2 M€ d’aides – porté par l’équipe municipale qu’emmène alors Jacques Juloux. Le centre d‘interprétation Gauguin, l’atelier du Pouldu, bénéficie désormais d’une grande extension. « On voit un engouement autour de ce lieu, les gens ont été agréablement surpris, assure Maud Naour. Certains reviennent plusieurs fois ».
Ouvert à l’année – il ne ferme qu’en janvier -, le centre d‘interprétation Gauguin a accueilli 24 000 visiteurs en un an, conformément à ce qui était prévu. « Avant, nous pouvions atteindre 9 000 personnes au mieux, glisse la directrice. C’est une belle différence ». La saison estivale lancée, le centre d’interprétation Gauguin, l’atelier du Pouldu, propose tout l’été des visites guidées, dont certaines spécifiquement à l’attention des enfants, ainsi que des ateliers artistiques.
Pratique
Centre d’interprétation Gauguin, l’Atelier du Pouldu, 10, rue des Grands-Sables à Clohars-Carnoët. Ouvert en juillet et août, du lundi au dimanche, de 10 h 30 à 19 h. Tarif plein : 7 €, réduit : 5 €, gratuit moins de 12 ans. Tél. 02 98 39 98 51.