La colère des familles endeuillées par le double séisme meurtrier au Venezuela grandit envers les autorités. Le bilan de la catastrophe a été une nouvelle fois révisé à la hausse et dépasse désormais les 4800 morts, selon des chiffres officiels.

De magnitudes 7,2 et 7,5, les deux tremblements de terre du 24 juin dernier au Venezuela se sont produits à 39 secondes d’intervalle et ont principalement touché la capitale Caracas et l’Etat voisin de La Guaira, où des camps abritent des réfugiés dans des stades, sur des places publiques et sur les trottoirs.

Près de 21’000 personnes sont sinistrées et vivent dans ces lieux de fortune, selon les chiffres officiels.

Manque d’aide étatique dénoncé

Dans la région de La Guaira, épicentre de la catastrophe, les habitantes et habitants continuent de chercher sans relâche leurs proches disparus, à l’instar de Katherine Roa, dont les trois filles ont été ensevelies sous les débris de son immeuble de Caraballeda.

Le bâtiment, construit il y a 15 ans, faisait l’objet de critiques sur sa solidité structurelle. « Nous avons nourri ce gouvernement nous-mêmes en étant conformistes. On nous donnait une maison et nous applaudissions en oubliant tout ce qu’ils faisaient et volaient », dénonce-t-elle dans le 19h30 de la RTS.

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Dans la ville, la colère ne cesse de monter depuis trois semaines. Sur le site du bâtiment en ruines, aucun engin public gratuit n’a été déployé avant samedi dernier. Les compagnies privées, elles, facturaient la location d’escavatrices 2500 dollars la machine pour douze heures.

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« Il n’y a eu aucune aide du gouvernement. Ils sont venus sur les décombres, oui, mais pour prendre des photos pour leurs réseaux sociaux et la propagande. Et pour nous promettre une machine qui s’est avérée être une pelle de démolition », déplore Yessika Dorta, cousine de Katherine Roa.

« Nous ne les laisserons pas tout démolir »

La présidente par intérim Delcy Rodriguez a annoncé un plan de démolition sur plusieurs mois. Plusieurs sites ont déjà été déclarés clôturés sans être entièrement fouillés.

« Une mère, lorsqu’elle est désespérée, est prête à tout. Je ne me reposerai pas tant que je n’aurais pas retrouvé jusqu’à la dernière mèche de cheveu de mes filles. Nous ne les laisserons pas tout démolir. Ils ont assez joué avec nous, nous ne regarderons pas les corps des nôtres être écrasés par leurs machines », insiste Katherine Roa.

Dans les zones dévastées par le double séisme, la peur de la répression s’effrite. Et au cœur de cette tension, la présence des Américains interroge, alors même que le gouvernement continue de repousser l’échéance des élections présidentielles au nom de l’état d’urgence.

>> Les précisions de la journaliste Florence Tomasi depuis Caracas : En direct de Caracas, la journaliste Florence Tomasi revient sur l'aide fournie En direct de Caracas, la journaliste Florence Tomasi revient sur l’aide fournie / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30 Plus de 4800 morts

Au moins 4829 personnes sont mortes et 16’740 autres ont été blessées dans les séismes qui ont frappé le Venezuela, selon le rapport officiel diffusé mercredi sur Telegram par le président de l’Assemblée nationale Jorge Rodriguez. Le précédent bilan, daté de mardi, était de 4734 morts.

Jorge Rodriguez a précisé que la plupart des blessés ont pu quitter l’hôpital.

Les autorités n’évoquent en revanche pas le nombre de disparus. L’ONU avait estimé qu’il pouvait atteindre jusqu’à 50’000 le surlendemain du drame, alors que certaines projections avancent plutôt un chiffre proche de 10’000.

Sujet TV: Florence Tomasi

Article web: iar avec ats