« J’avais déjà suivi des séances chez un psy, été accompagné, et je pensais aller mieux. Puis je me suis rendu compte que ce n’était pas le cas. Je me suis dit : ‘Là, je me sens démuni, mes proches n’y arrivent pas non plus. Alors je vais tenter. On verra bien ce que ça donne.’ Aujourd’hui, je dis souvent que c’est le plus beau cadeau que j’ai pu me faire », confie-t-il avec émotion à Rebecca Fitoussi. Bertrand Chameroy reconnaît toutefois que cette décision n’avait rien d’évident. Le chroniqueur est arrivé à l’hôpital avec de nombreux préjugés en tête. « Je m’attendais à voir des gens complètement zinzins. Le cliché qu’on a dans les films et les séries, des personnes qui marchent en parlant toutes seules. Alors que pas du tout. Ce sont des gens comme vous et moi, de toutes catégories socioprofessionnelles, qui, à un moment, flanchent », explique-t-il.
Le journaliste considère aujourd’hui que cette décision relevait avant tout d’une question de « survie ». Une démarche qui, heureusement, a été accueillie avec « une compréhension totale » par ses employeurs. Plus d’un an après, Bertrand Chameroy assure aller mieux, tout en souhaitant rester très prudent sur l’avenir. « Je suis mieux armé, mais aussi beaucoup plus vigilant. Je ne me dis pas : ‘Ça y est, c’est bon, c’est réglé, tout est derrière moi.’ Si c’était aussi simple… », a-t-il confié à Rebecca Fitoussi dans son émission diffusée sur « Public Sénat ».
Une maladie passée longtemps sous silence
Un mot longtemps resté tabou. Pendant des années, Bertrand Chameroy a gardé le silence sur ce mal qui l’habitait. Ce n’est que quelques semaines plus tard, dans le podcast « PSYCHIK », qu’il avait révélé avoir quitté temporairement l’antenne en raison d’une dépression. Depuis, le chroniqueur assume pleinement ce terme. « Le mot dépression ne me fait plus peur. Mais pendant très longtemps, j’ai eu tendance à dire : ‘Oui, je suis mélancolique, ça fait partie de mes traits de caractère.’ C’est plus joli que dépression. Pourtant, c’est un mot qui ne devrait pas faire peur », a-t-il confié à Rebecca Fitoussi.
Bertrand Chameroy explique que c’est justement après des années à intérioriser son mal-être que la situation est devenue intenable. « Arrive le jour où je me suis un peu effondré intérieurement et je sentais que je n’y arrivais plus », a-t-il révélé.