La vérité sur l’héritage de Jean-Pierre Pernaut: « C’est fou d’inventer des vies comme ça aux gens »

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire un premier roman ?

« Je ne me sentais pas du tout légitime pour écrire un roman. C’est mon éditrice qui a eu cette idée. D’un coup, j’ai repensé à « Ghost », un film qui m’a extrêmement marquée en 1990. À l’époque, j’avais 23 ans et ce film m’a permis de comprendre ce qu’étaient les rêves prémonitoires que je faisais depuis quelques années. Je me suis dit que l’amour continuait d’exister après la mort. »

Pourquoi ne vous sentiez-vous pas légitime ?

« Dans ma vie, j’ai toujours dû me battre pour être légitime. D’être la femme de Jean-Pierre Pernaut, d’être Miss France ou encore d’être comédienne parce que je n’avais jamais pris de cours de théâtre. Mais, par la suite, j’ai écrit mes propres pièces et elles ont cartonné. Je me suis battue pour faire le métier que j’aime et pour être là où je suis aujourd’hui. »

Est-ce que ce livre a été inspiré de faits réels ?

« C’est un roman mélangé avec un thriller surnaturel. Mais, il y a des clins d’œil à ma vie personnelle. Et ces derniers m’ont aidé à l’écrire. L’influenceuse, qui est l’héroïne du livre, c’est ma fille. Angèle, le nom du personnage, est son deuxième prénom. Tous les autres personnages sont inspirés de proches : Jean-Pierre, mon fils et moi-même. »

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Le titre « Méfiez-vous des morts » est fort. Parfois, peut-être inquiétant aussi. De quoi faut-il se méfier exactement ?

« Les morts savent tout. Au moment où vous mourrez, vous devez rendre des comptes aux morts. Il y a comme un purgatoire. »

Votre rapport au surnaturel, il n’a pas d’hier. Depuis quand avez-vous cette sensibilité-là ?

« Depuis l’âge de 21 ans parce que c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à faire des rêves prémonitoires. Un jour, j’ai rêvé que les essuie-glaces de ma voiture tombaient en panne alors que j’étais sous une pluie battante. Le lendemain, c’est ce qui se passait. Ensuite, j’ai rêvé qu’une candidate pour Miss Tahiti était victime d’un accident de voiture et qu’elle était morte brûlée. Le lendemain, ça s’est produit. C’est à ce moment que je me suis dit : « Mais, qu’est-ce qui m’arrive ? » J’ai vu « Ghost » et j’ai compris. »

Est-ce qu’avant, vous hésitiez à parler publiquement de tout ça, par peur d’être incomprise ou moquée ?

« Non, je ne m’en suis jamais cachée. Je n’aime pas le mensonge. Ce livre, c’est d’abord un roman, un thriller. Si on y croit, c’est bien. Si pas, ce n’est pas grave. »

Vous avez dit dans plusieurs interviews que vous parliez avec Jean-Pierre Pernaut. Encore aujourd’hui ?

« Oui, bien sûr. Parfois, je lui pose des questions. À Noël, je suis allée à Matigny où on avait l’habitude d’aller avec Jean-Pierre pour les fêtes. Je vais sur la terrasse pour prendre mon petit déjeuner, un oiseau arrive et me regarde. Je dis alors : « Jean-Pierre, ça ne me suffit pas comme signe. Il faut que tu fasses beaucoup plus fort. » J’ai mis du pain dans ma main et l’oiseau est venu manger dans ma main. Je pensais qu’il allait s’envoler mais non, il est resté là, près de moi. C’était un beau signe. »

Est-ce que ces signes vous apaisent ou est-ce qu’ils rendent parfois l’absence moins douloureuse ?

« Non, pas du tout. J’y crois depuis longtemps. Ce n’est pas pour me consoler ou pour me dire que ça va me sortir de là. Pour moi, c’est réel, c’est mon quotidien et ça ne m’empêche pas de vivre. »

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Quand vous regardez la jeune femme que vous étiez à l’époque, qu’avez-vous envie de lui dire aujourd’hui ?

« Arrête d’avoir peur. Fonce et confiance en toi. Arrête de douter de toi. Tu vas y arriver. »

Qu’est-ce que le titre de Miss France vous a apporté de plus important ?

« La confiance en moi. Quand j’ai été élue, je sortais de ma province. Je ne connaissais rien. Aujourd’hui, les Miss sont très bien briefées avant de passer à la télévision. Moi, je n’étais pas préparée à parler au micro, à affronter les médias, à marcher, à danser. J’ai dû tout apprendre par moi-même. Miss France m’a ouvert l’esprit. »

Trouvez que le concours évolue dans le bon sens ?

« Il y a beaucoup de critiques. Mais, moi je trouve que le concours évolue vraiment dans le bon sens. Aujourd’hui, on ouvre la même la porte à des filles plus âgées. C’est une très bonne chose. »

Quels sont vos liens avec la Belgique ?

« Je suis née à Comines, dans le nord de la France et donc à la frontière belge. J’allais souvent en Belgique avec ma famille. À l’époque, c’est aussi là que j’achetais mes cigarettes. »

Un projet d’adaptation

Son premier roman est à peine sorti que Nathalie Marquay voit plus loin. L’autrice rêve de voir son bouquin adapté sur le petit ou le grand écran. D’ailleurs, elle sait déjà avec quels acteurs elle aimerait réaliser ce projet. « Jean-Luc Reichmann et ma fille, c’est sûr ! Et pourquoi pas moi ! », lance-t-elle.

En attendant, la comédienne sortira un oracle en octobre prochain et s’est déjà lancée dans l’écriture du deuxième tome de « Méfiez-vous des morts ! ». »La moitié est déjà écrite. J’attends le feu vert de mon éditeur. »