Que signifie « découvrir » quand on est une femme dans un monde d’homme qui vous refuse le droit d’exister en tant qu’autrice du savoir ? Cette question Elisabeth Bouchaud la pose avec subtilité dans sa pièce « La découvreuse oubliée » qui centre sa narration autour de Marthe Gauthier, pionnière dans la découverte de le trisomie 21.

Sur scène, Marthe Gautier entre 2007 et 2014, moment où on lui interdit d’assurer une conférence, est incarnée bien plus que jouée par Marie-Christine Barrault, qui est ici solaire, bouleversante, inoubliable. Marie Gautier entre 1955 et 1958 est Marie Toscan qui n’est autre que sa petite-fille dans la vie.

La complicité affectueuse entre ces deux femmes éclaire le spectacle d’une lumière nimbée de respect, mais aussi de rigueur et du bonheur de jouer. Avec un sens évident de la dramaturgie Julie Timmerman signe une mise en scène qui montre sans démontrer et qui offre aux autres comédiens dont Raymond Turpin en pape Jean-Paul II et Matila Malliarakis en Jérôme Lejeune qui s’attribua en quelque sorte les lauriers de la découverte de Marthe, l’occasion d’imposer une présence d’une incroyable densité. On sait que les héritiers de Jérôme Lejeune sont vent debout …