Son objectif ? Permettre d’identifier un animal à distance, simplement avec une photo prise depuis un smartphone. « Un de mes chiens s’est enfui. Beaucoup de personnes l’ont vu, mais personne ne m’a appelée. Les gens avaient peur de l’approcher. Je me suis rendu compte que c’était un vrai problème », se souvient Coralie Laurens.
> Toutes les 94 secondes, un animal est abandonné ou recueilli par une structure de protection animale en France.
Une année de R&D plus tard, AnimalBackHome s’appuie sur une intelligence artificielle de reconnaissance biométrique capable d’analyser, puis de transformer le visage et certaines caractéristiques physiques des chiens et des chats en une empreinte mathématique inaltérable (« un vecteur à 1.536 dimensions »). L’algorithme compare ensuite ces éléments avec les animaux enregistrés sur la plateforme et alerte automatiquement le propriétaire en cas de correspondance. « Les gens, qui ont en amont sécurisé l’identité de leur animal sur la plateforme reçoivent automatiquement un mail dès qu’il y a un match », explique Coralie Laurens. L’utilisateur peut même ajuster le niveau de similarité recherché pour laisser l’intelligence artificielle travailler seule ou vérifier lui-même les correspondances proposées en fonction des 1.536 points étudiés. La plateforme, qui n’est pas une application classique mais une progressive web app (PWA), se consulte comme un site web classique, intègre également un registre préventif permettant d’enregistrer son animal avant toute disparition, y compris lorsqu’il n’est pas pucé. « L’objectif était vraiment de créer quelque chose qui n’existait pas. Une société propose ce service aux USA, mais ce n’est pas le même niveau de recherche biométrique ».
Nice en pole position
Si le service est aujourd’hui proposé aux particuliers pour 50 euros, la varoise basée à Carcès n’entend pas développer son activité par une commercialisation classique. Sa stratégie consiste à convaincre les collectivités locales d’adopter leur propre version d’AnimalBackHome. Chaque commune disposerait ainsi d’une plateforme personnalisée, avec ses statistiques, sa carte interactive et ses annonces d’animaux perdus ou retrouvés, tout en étant connectée à l’ensemble d’un potentiel réseau national. Une fois la commune engagée, le service deviendrait gratuit pour les habitants. « Soit la mairie offre le service, soit un partenaire sera mis en avant via des pubs pour que les utilisateurs ne déboursent rien », précise Coralie Laurens. Cette stratégie a déjà conduit l’entreprise de quatre salariés à rencontrer Henri-Jean Servat, 24e adjoint, délégué au bien-être animal et au patrimoine cinématographique à la ville de Nice, pour présenter le projet. Un nouveau rendez-vous est prévu pour poursuivre les échanges.
Coralie Laurens.
En parallèle, AnimalBackHome veut enrichir sa plateforme avec un dispositif de lutte contre le trafic d’animaux. L’ambition est de connecter son système à des sites de petites annonces pour détecter automatiquement un animal volé remis en vente grâce à sa reconnaissance biométrique. À plus long terme, Coralie Laurens souhaite également équiper les agents municipaux (police, pompiers, services de voirie ou de propreté) pour que « chaque habitant ou chaque agent qui travaille sur la commune puisse être les yeux d’Animal Back Home ».