À l’occasion de son nouveau spectacle, l’artiste britannique d’origine ghanéenne, Benjamin Clementine, s’est confié à La Provence sur son rapport à la France, à la création et aux blessures qui nourrissent son œuvre. Pour ce lauréat du Mercury Prize en 2015, le Festival d’Avignon n’est pas une simple étape de tournée. La France occupe une place fondatrice dans son parcours. « La France fait partie de ma vie artistique depuis mes 19 ans », rappelle-t-il avec émotion. C’est ici, après avoir quitté Londres et connu la précarité, qu’il a commencé à façonner sa voix singulière. « Jouer ici est toujours un honneur », confie-t-il.

Cette nouvelle étape prend la forme d’un spectacle au titre intrigant, Sir Introvert and the Featherweights. Un nom qui marque aussi une évolution personnelle. Benjamin Clementine souhaite désormais s’éloigner de son seul patronyme pour laisser davantage de place à un univers artistique plus vaste. « C’est une manière de parler de moi sans utiliser mon nom », explique-t-il.

Une voix façonnée par l’exil

Depuis ses débuts, son œuvre puise dans une expérience de vie souvent douloureuse. Les traumatismes, l’isolement, la précarité, le sentiment d’être un étranger : autant d’…