Selon le plus récent bilan de Santé Québec Estrie – CHUS sur les maladies transmises par les tiques, il y a eu 424 cas rapportés de maladie de Lyme en Estrie en 2025, contre 343 cas l’an dernier.

Cette maladie transmise par la tique à pattes noires est en progression dans la région depuis 2011.

«La hausse n’est pas surprenante. Ça témoigne de la densité de tics dans nos régions, mais aussi le fait que les étés sont plus longs», explique Dre Geneviève Baron, médecin-conseil à la direction de santé publique de l’Estrie.

«Les périodes où on peut aller dehors et s’exposer aux tiques sont plus longues».

Dre Baron précise que les médecins de la région sont aujourd’hui mieux outillés pour détecter la maladie de Lyme, ce qui peut contribuer à la hausse des cas rapportés.

L’Estrie représente 42 % de tous les cas de maladie de Lyme au Québec. Dans la région, les réseaux locaux de service (RLS) de la Pommeraie et de la Haute-Yamaska sont les plus affectés. Les deux régions comptent pour respectivement 41 % et 36 % des cas estriens.

Un traitement efficace

Au premier stade de la maladie de Lyme, le symptôme le plus courant est une rougeur autour de la piqûre de la tique. La rougeur peut atteindre un diamètre de cinq centimètres et s’accompagner d’autres symptômes, comme de la fièvre, de la fatigue et des maux de tête.

Exemple de rougeur provoqué par la maladie de Lyme après une piqûre de tique.

Près de 63 % des cas en Estrie sont traités à ce stade-ci de la maladie.

«Je trouve que c’est une bonne nouvelle parce que c’est le stade de la maladie où le traitement est le moins complexe et fonctionne très bien», dit la Dre Baron.

Une personne soupçonnant s’être fait piquer par une tique peut appeler Info-Santé au 811 pour savoir si elle peut recevoir de son pharmacien une dose préventive d’antibiotique.

À l’apparition des premiers symptômes, il est possible de consulter son médecin de famille pour obtenir le traitement contre la maladie.

Une maladie de Lyme non traitée peut éventuellement causer des symptômes plus graves, comme des troubles cardiaques, des atteintes au système nerveux ou de l’arthrite. Selon la Dre Baron, les hospitalisations sont rarissimes, surtout si la maladie est traitée rapidement. En 2025, il y a eu seulement 18 hospitalisations en Estrie en lien avec la maladie de Lyme.

Quelques mesures de précaution

La Dre Geneviève baron admet qu’un changement d’habitudes est de mise pour que la population estrienne limite les risques liés à la maladie durant les activités extérieures.

«C’est un peu comme le soleil. On a appris qu’on doit mettre de la crème solaire quand on va dehors. On doit maintenant ajouter d’autres comportements», explique-t-elle.

L’experte recommande le port de vêtements longs et l’application de chasse-moustique.

Il est également recommandé de s’inspecter après une sortie en plein air pour y déceler la présence de tiques. Une douche ou un bain après l’activité permet généralement de les déloger.

Enfin, il est possible de réfléchir à l’aménagement de son terrain pour limiter l’exposition aux tiques dans sa propre cour.

«Les tiques, ce qu’il faut se rappeler, c’est que ça l’aime l’humidité, indique Dre Baron. Ça se tient dans les amas de feuilles, dans les boisés».

«Quand on a un terrain dont on veut profiter, l’idée c’est d’avoir des aires ou des zones où on va essayer que ça soit le moins favorable possible aux tiques».

La médecin recommande, par exemple, de placer son mobilier extérieur loin des boisés et des herbes hautes.

D’autres maladies émergentes

En plus de la maladie de Lyme, d’autres maladies émergentes transmises par les tiques ont été rapportées dans la région.

Il y a eu 51 cas d’anaplasmose en Estrie l’an dernier, soit le double par rapport à l’an dernier.

«C’est une maladie qui est émergente en Estrie depuis 2021», souligne Dre Baron.

Santé Québec Estrie – CHUS estime qu’entre 14 et 27% des tiques à pattes noires en Estrie sont porteuses de la maladie de Lyme. Cette proportion est de 3% pour l’anaplasmose.