Le système stellaire Bêta Pictoris, déjà célèbre pour ses deux planètes connues, vient de dévoiler un nouveau secret. Une équipe d’astronomes a annoncé la découverte d’une troisième exoplanète, baptisée Beta Pictoris d.

Située à 63 années-lumière, cette planète est 100 fois moins lumineuse que sa voisine, Beta Pictoris b. La surprise vient surtout du fait qu’elle était présente dans des données archivées depuis plus de dix ans.

Une découverte fortuite

L’équipe, codirigée par Ben Sutlieff de l’Université d’Édimbourg, analysait initialement la planète Bêta Pictoris b avec l’instrument ERIS (Enhanced Resolution Imager and Spectrograph) du Very Large Telescope (VLT) de l’ESO (Observatoire européen austral). C’est alors qu’un autre point lumineux a attiré l’attention.

 » Au départ, nous voulions observer plus en détail une planète déjà connue du système […] afin de voir comment elle évoluait au fil du temps « , explique l’astronome.

En fouillant les archives de l’ESO, les chercheurs ont réalisé que la planète fantôme était visible sur des images datant de plus de 11 ans.  » Il semble que la planète ‘ d ‘ joue à cache-cache avec nous depuis plus d’une décennie et ce n’est que maintenant que nous pouvons dire ‘ je t’ai trouvée ‘ ! « , s’enthousiasme Jayne Birkby, co-auteure de l’étude.

Une autre équipe indépendante a fait la même découverte à quelques jours d’intervalle avec le télescope spatial James Webb (JWST).

Quelles sont les caractéristiques de Bêta Pictoris d ?

Bêta Pictoris d est une géante gazeuse, mais elle se distingue de ses voisines. Alors que Bêta Pictoris b et c ont une masse environ dix fois supérieure à celle de Jupiter, la nouvelle venue n’est que 2,4 fois plus massive. Cela en fait l’une des exoplanètes les moins massives jamais imagées directement depuis la Terre.

Son orbite est également beaucoup plus large, lui prenant 91 ans pour faire le tour de son étoile, Bêta Pictoris, qui est elle-même bien plus grande et brillante que notre Soleil.

La faible masse et la température relativement froide de Bêta Pictoris d expliquent pourquoi elle est si peu lumineuse, représentant un défi pour la technique de l’imagerie directe.

De quoi encourager à réexaminer les archives

Cette trouvaille fait de Bêta Pictoris le deuxième système, après HR 8799, où plus de deux planètes ont été observées directement. Ces systèmes permettent de comparer l’évolution de plusieurs planètes formées dans un même environnement. La masse et la position de Bêta Pictoris d servent aussi à expliquer la forme particulière du disque de débris qui entoure l’étoile.