Le claquement régulier des pinces résonne dans la fraîcheur de la grotte. Quatre femmes s’affairent, le dos courbé, concentrées sur leurs tesselles. Dimanche 19 juillet 2026, elles inaugurent un chantier d’envergure : la réalisation d’une fresque participative en mosaïque destinée à combler les nids-de-poule de la rue du Rossignolet, à Loches.

Porté par le Théâtre du Rossignolet, ce projet citoyen se déroulera en trois sessions de deux jours. Chaque journée pourra accueillir jusqu’à huit participants, encadrés par Gerda Jacob, mosaïste professionnelle. Parmi eux, Évelyne Orio, qui découvre cette technique pour la première fois, lance un appel aux curieux : « Plus on est de fous, plus la fresque sera grande ! »

Lors de la première édition, en 2025, plusieurs pièces avaient déjà été réalisées puis intégrées au bitume afin d’embellir l’espace public. Les créations ont suscité l’intérêt des promeneurs et convaincu de nouveaux participants. Murielle Clément les avait découvertes dans le journal : « Je me suis inscrite pour cet été. » « De plus en plus de gens viennent se promener dans la rue pour voir le résultat », constate Gerda Jacob.

Séduire un large public

Au-delà de la réalisation d’une œuvre collective, le projet poursuit un objectif plus large : rapprocher la culture des habitants. Cette fresque s’inscrit dans le programme À la volée du Théâtre du Rossignolet, un dispositif d’initiatives citoyennes destiné à animer la vie locale. Pour Évelyne Orio, également coordinatrice de ces événements, il s’agit de « faire connaître le théâtre ». Une ambition qui porte ses fruits : plusieurs participants des précédents ateliers sont, depuis, devenus bénévoles. Parmi eux, Nany Daudin, venue saluer les mosaïstes au cours de la matinée. « On crée une sorte de communauté », résume Gerda Jacob.

Reste un défi : attirer un public plus diversifié. Concentrée sur la découpe de ses pétales, Nicole Pinkos regrette l’absence de jeunes : « Peut-être qu’il faudrait combiner mosaïque et street art pour les faire venir. » Gerda Jacob partage son analyse : « La mosaïque souffre encore de préjugés. Elle a gardé une image vieillotte. » Si les ateliers sont ouverts à partir de 15 ans, « dans les faits, ce sont surtout les vieilles qui viennent », plaisantent-elles. Pour y remédier, l’équipe envisage de proposer, à terme, une activité destinée aux enfants, en parallèle des ateliers, afin d’attirer davantage de familles.

« Un espace dédié à l’art »

La rue du Rossignolet accueille déjà plusieurs installations artistiques permanentes et le jardin du théâtre expose régulièrement des œuvres. Le vernissage de la mosaïque aura d’ailleurs lieu lors du festival du théâtre, le dernier week-end de septembre. L’objectif est de faire de cette rue « un espace dédié à l’art », explique Évelyne Orio.

Pour assurer une continuité esthétique, Gerda Jacob a imaginé une composition faisant écho aux motifs de l’an dernier, tout en laissant une large place à la créativité des participants. En observant les quatre apprenties mosaïstes à l’œuvre, la professionnelle se montre confiante : « Elles ont toutes des facilités, ça avance bien. » Nicole Pinkos savoure cette expérience : « On apprend encore, quel que soit son âge, c’est génial ! »

Les prochaines sessions auront lieu les 26 et 27 juillet puis les 2 et 3 août 2026. Il reste encore quelques places pour celles et ceux qui souhaitent laisser une trace dans la rue du Rossignolet.