Face aux milliers de décès provoqués chaque année par la grippe en France, la Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé de rendre obligatoire la vaccination annuelle contre la grippe pour l’ensemble des professionnels de santé.

Mieux vaut prévenir que guérir. La Haute Autorité de santé (HAS) a recommandé dans un avis publié ce lundi 20 juillet de rendre obligatoire la vaccination annuelle contre la grippe pour tous les professionnels de santé, les étudiants des filières médicales et paramédicales ainsi que les personnels des établissements médico-sociaux accueillant des personnes âgées.

Dans la foulée de cette recommandation, le gouvernement a annoncé qu’il allait étudier «les conditions d’un déploiement» d’une telle obligation vaccinale pour la mettre en œuvre. Le calendrier et les modalités pratiques seront «précisés et concertés dans les prochaines semaines», indique un communiqué du ministère de la Santé.

Par ailleurs, cette mesure s’inscrit dans un cadre législatif déjà amorcé. La dernière loi de financement de la Sécurité sociale, votée en décembre, prévoyait en effet une obligation vaccinale pour les soignants libéraux, sous réserve d’un avis favorable de la HAS.

Une priorité pour protéger les plus fragiles

De plus ce n’est pas la première fois qu’une telle obligation est envisagée. À l’hôpital et en Ehpad, la vaccination antigrippale avait déjà été rendue obligatoire pour les soignants en 2006, avant d’être suspendue par décret avant son entrée en vigueur, notamment en raison de «l’absence de surrisque démontré chez les soignants».

Près de vingt ans plus tard, la HAS estime toutefois que le contexte sanitaire justifie une nouvelle approche. Cette obligation vaccinale devrait donc être déployée en priorité «dans les Ehpad et dans les unités de soins de longue durée (USLD)» en raison de la «vulnérabilité particulière» des personnes hébergées, aux trois quarts âgées de 75 ans et plus, et en contacts «étroits, répétés et prolongés avec les soignants», indique l’avis.

Dans les autres structures concernées, comme les établissements de santé, les établissements médico-sociaux hébergeant des personnes âgées et les structures d’exercice libéral, la HAS recommande un «déploiement progressif sur une période de deux ans renouvelables un an, dans un cadre concerté, afin de garantir la faisabilité et l’acceptabilité de la mesure».

Pour l’organisme public de santé, cette obligation vaccinale se justifie par «l’ampleur du fardeau sanitaire» de la grippe et par le «risque augmenté» de transmission du virus par les professionnels de santé aux patients et aux résidents des structures de soins.

La saison grippale 2025-2026 a fait 12.700 morts, contre 17.900 un an plus tôt lors d’une épidémie particulièrement violente. Chaque année, la maladie représente également un coût estimé entre 1 à 2 milliards d’euros et pèse fortement sur le système de soins (hospitalisations, réanimations, mortalité, consultations, soignants en arrêt maladie…).