Le FC Sion entre en lice jeudi en Coupe d’Europe, mais c’est bien la Super League qui demeure la priorité d’un club valaisan auteur d’une superbe saison dernière et qui entend bien confirmer dans les mois qui viennent.
Bakou n’est pas une étape « low-cost » pour le FC Sion, qui retrouvera jeudi contre BATE Borisov en Azerbaïdjan les joies de la scène continentale. Si ce match de Conference League contre la formation biélorusse ne sera pas à prendre à la légère pour les Valaisans, les yeux de ceux-ci doivent avant tout être tournés vers le championnat de Suisse, où confirmation leur sera demandée cette saison et où, surtout, ils auront un vrai coup à jouer, dans une Super League dominée voici peu par le FC Thoune et qui voit ses traditionnels gros bras (YB, Bâle, Zurich…) tirer la langue.
Quatrièmes fin mai, à trois points de la 3e place, les hommes de Didier Tholot doivent – et peuvent! – viser plus haut désormais. Croire au podium n’est pas interdit. A mieux non plus, si l’on part du principe que la folie des grandeurs d’antan s’est éteinte sous le mouchoir de l’humilité et de la pertinence dans les choix. « On sera plus attendu que la saison dernière, et on est prêt à assumer », promet d’ailleurs le technicien français, qui est tout sauf innocent dans la réussite actuelle de ses ouailles. Mais le « retour au calme » de la famille Constantin a aussi été très important dans le redressement d’une institution qui a longtemps été fiévreuse. La descente en Challenge League d’il y a trois ans a donc bel et bien été un mal pour un bien.
Football, Conference League: le FC Sion fait son retour en Coupe d’Europe / Sport dimanche / 3 min. / dimanche à 18:40
La preuve, aucun coup sensationnel n’a été fait lors de la campagne des transferts, comme si les leçons du passé avaient été retenues. Bien sûr, celle-ci n’est pas terminée, mais on ne voit pas ni comment ni pourquoi les pensionnaires de Tourbillon en viendraient à tout bouleverser. Leur effectif tient la route et le fait d’avoir pu conserver Winsley Boteli – un futur joueur de l’équipe nationale, on en prend les paris – pour lui permettre de grandir encore est sans doute la meilleure des nouvelles.
Sion, meilleure défense du pays, est stable, rappelons-le. Son gardien, Anthony Racioppi, est sans doute le meilleur du championnat à l’heure actuelle. Derrière, sa paire Jan Kronig-Kreshnik Hajziri est normalement redoutable. Sauf que, et c’est là le gros souci de cette entame d’exercice, le dernier cité s’est blessé lors de la préparation et son absence devrait s’étendre au moins jusqu’en octobre. C’est donc là, et nulle part ailleurs, que Tholot devra trouver le sparadrap idéal pour ne pas que ses hommes perdent des plumes d’emblée. Le déplacement de la première journée à Berne chez un YB qui espère retrouver la lumière nous en dira déjà un peu plus.
Fodé Sylla, recrue à observer
Reste que le meilleur club romand du moment a traversé ses matches de préparation en ne concédant qu’une réussite en trois sorties. Il a mis des claques à Etoile Carouge (7-0) et Annecy (4-0) et s’est aisément imposé devant Yverdon (3-1). Bien sûr, ces adversaires ne sont a priori pas taillés comme les meilleures formations de Super League, mais toute la confiance engrangée entre la fin juin et la mi-juillet est l’ascenseur idéal pour s’attaquer au défi du Wankdorf, et aux suivants.
Dès cette semaine, il s’agira en outre d’observer de près Fodé Sylla. Arrivé en Valais le 9 juillet, le milieu de terrain français de 20 ans, formé au RC Lens et passé par Yverdon voici deux ans, est présenté comme l’homme qui pourrait amener un « plus » considérable dans l’entrejeu valaisan. Solide à la récupération et capable de se projeter très rapidement, ce costaud passé par les équipes de France des M16 aux M20 a du talent plein les pieds. Si la tête suit et que la relation avec Tholot et ses partenaires prend, il pourrait faire des étincelles pour le FC Sion. Club qui passerait alors de Bakou à gros coup.
Arnaud Cerutti