Manœuvre H(elvétie)

Le 30 août 1939, l’Assemblée fédérale élit Henri Guisan au poste de général. Le soir même, il rencontre un agent de liaison français. C’est le début de la manœuvre H, une collaboration secrète envisagée avec l’armée française en cas d’attaque de la Suisse par Hitler. Confirmée publiquement trente ans plus tard, cette opération va connaître de multiples rebondissements

Résumé en 20 secondes

En savoir plus sur ce type de contenu

Ce résumé peut avoir été écrit avec l’assistance d’une IA générative. En savoir plus

Abonnez-vous pour accéder au résumé en 20 secondes.

Dans la nuit du 11 au 12 juin 1940, l’alerte sonne dans la région de Bâle. Les troupes allemandes, concentrées dans la Forêt-Noire depuis quelques jours, vont-elles traverser le Rhin? Les soldats suisses regroupés au sein de la Division Gempen, créée le jour même et placée sous les ordres du colonel Du Pasquier, sont déployés à la frontière nord pour occuper les secteurs de guerre. Ils sont environ 20 000. Cette nuit-là, «il fait un temps épouvantable, la pluie tombe à torrents. Mouillés, transis, les hommes guettent», écrira plus tard le capitaine Maurice Koller, du bataillon 234, en première ligne. «Ce sera notre Verdun», murmure-t-on au sein de la troupe.

«A tous les niveaux, la volonté de faire vigoureusement face à l’ennemi s’affiche dans les nombreuses fortifications de campagne», relate l’historien militaire Hans Senn dans Bâle et le plateau de Gempen (1997), l’étude la plus complète sur cet épisode quelque peu oublié, qui fut sans doute le moment de principale tension militaire de toute la Deuxième Guerre mondiale en Suisse. «Les soldats étaient prêts à sacrifier leur vie. Cependant, s’ils avaient survécu à la préparation du feu, auraient-ils su comment affronter des chars et des troupes de choc?»