Onze mois après l’arrivée d’un Jocelyn Gourvennec qui n’était pas parvenu à redresser le Servette FC, le club genevois espère que le technicien français a enfin pris ses marques pour lui offrir une saison digne de ce nom. Réaliste? Ou utopique?

Dans la foulée d’une saison régulière cataclysmique à l’aune des ambitions genevoises, le souvenir d’un tour de relégation globalement réussi a accompagné tout l’été les supporters du Servette FC, qui se raccrochent à cette fin d’exercice 2025/2026 pour se dire que la lumière est au bout du tunnel, que le meilleur est à venir. Post Tenebras Lux, encore et toujours…

Jocelyn Gourvennec a-t-il trouvé l’interrupteur? De la réponse à cette question dépend bien entendu grandement la saison servettienne. Même si personne ne peut certifier que les Grenat pourront jouer le podium, on sait toutefois déjà une chose: ils ne pourront pas faire pire que l’automne passé. Accéder au tour final doit ainsi être leur première ambition. Aller voir plus loin la seconde.

Kadile: oui, mais…

Qu’on ne s’y méprenne en effet pas; bien que l’on ne sache pas grand-chose du portier lituanien Edvinas Gertmonas (absent pour les deux premiers matches), qui a certes l’avantage de maîtriser le français mais dont certains semblent déjà douter, Servette a un effectif taillé pour évoluer dans la première partie du championnat.

Se raccrochant à l’idée que Gourvennec a eu dix mois pour construire une équipe et pour mettre en place ses idées, les fans genevois aspirent donc à voir un football abouti, du jeu, du feu et du spectacle au Stade de Genève. Avec Junior Kadile, révélation du printemps, le SFC tient en quelque sorte sa meilleure recrue, tant l’ailier breton aurait pu trouver un autre point de chute, au vu de ses récents états de service. Sauf que celui-ci s’est blessé lors du dernier match de préparation contre Saint-Etienne et sera absent pendant un mois. Aïe. Les Genevois ont tout intérêt à pouvoir subsister durant sa convalescence.

Stevanovic est toujours là

L’arrivée de Quentin Maceiras en défense apparaît comme une garantie. Avec notamment Marco Burch et Steve Rouiller – vieillissant, mais toujours présent au combat -, le Valaisan peut offrir à l’arrière-garde genevoise la stabilité tant recherchée ces derniers temps. Sur le plan offensif, le Brésilien Pedro Naressi, repéré à Ludogorets Razgrad, doit apporter une touche technique supplémentaire, de celles qui pourraient éclairer le jeu genevois. Et puisque Timothé Cognat, annoncé partant, est toujours là, semble-t-il prêt à poursuivre l’aventure dans sa ville de cœur, on se dit que les deux pourraient faire une jolie paire. Voire un trio magique, sachant que l’increvable et inarrêtable Micha Stevanovic est toujours prêt à rôder afin d’éreinter les défenses adverses.

Pour trouver la faille, Servette a misé gros sur Mathis Lambourde, 20 ans, qui évoluait à la Reggiana (Serie B). Lui aussi formé à Rennes, cet ex-international M18 français – qui n’a aucun lien de parenté avec Bernard Lambourde – était promis à un grand avenir. Seulement, un terrible fait extrasportif a mis un frein à ses ambitions. Il a droit à une seconde chance à l’étranger. La dernière fois que le SFC a offert un tremplin à un élément dans une situation compliquée, celui-ci se nommait Jean-Pierre Nsamé et on sait la trace laissée chez les Grenat par le Camerounais. Heureux présage? « On est sur le bon chemin », assure en tout cas Jocelyn Gourvennec, qui tient à vouloir continuer à gagner au Stade de Genève.

Dès le 25 juillet, face à Bâle?

Arnaud Cerutti