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Publié le
22 juil. 2026 à 10h50
12 ans plus tard, cette mère de trois enfants, installée à Bayeux (Calvados) depuis cinq ans, a décidé de transformer cette épreuve en vocation, en accompagnant les proches confrontés à la maladie.
Novembre 2013. Son fils vient tout juste de faire sa rentrée en sixième. Comme beaucoup d’enfants de son âge, il grandit, change, mais semble fatigué. Alexandra Mazières remarque aussi une perte de poids importante et une soif inhabituelle.
« Je pensais à tout… sauf au diabète. Pour moi, le diabète, c’était le type 2, lié à l’alimentation. Je ne savais même pas que le diabète de type 1 existait. » Le verdict tombe à l’hôpital. Son pancréas ne produit plus d’insuline. « Là, tout s’effondre. Les médecins défilent, votre enfant vous regarde en demandant : qu’est-ce qui m’arrive ? Et vous, en tant que parent, vous êtes censé avoir des réponses… mais vous n’en avez aucune. »
À partir de cet instant, la famille entre dans un nouveau quotidien rythmé par les glycémies, les injections d’insuline, les réveils toutes les trois heures et une peur permanente.
Des nuits sans sommeil et une famille bouleversée
Le diabète de type 1 ne touche pas uniquement celui qui en est atteint. Il bouleverse aussi les parents, les frères et sœurs, les grands-parents, le couple. « Pendant des mois, je dormais avec la peur de ne pas entendre le réveil. Toutes les trois heures, il fallait contrôler sa glycémie. On vivait dans l’angoisse permanente. » À cette fatigue physique s’ajoute un véritable choc psychologique.
On vous apprend à faire les injections, à compter les glucides, à gérer la maladie. Mais personne ne vous explique le choc émotionnel que vit toute la famille.
Alexandra Mazière
Le fils aîné, alors âgé de 14 ans, vit lui aussi difficilement cette période. Le plus jeune, qui n’avait que deux ans, grandira avec cette réalité. Quant au père, souvent en déplacement professionnel à l’étranger, il choisira finalement de quitter son emploi un an plus tard. » Il culpabilisait énormément d’être loin. Il avait besoin d’être présent ».
«Il faut apprendre à vivre avec la maladie»
Les premières années sont éprouvantes. Les hospitalisations, les malaises, les doutes et la peur s’enchaînent. Puis, peu à peu, la famille apprend à apprivoiser cette maladie. « Au début, on veut combattre le diabète. On est en colère contre lui, mais on s’abîme. Puis on comprend qu’il est là, qu’il fait partie de notre vie. Alors on apprend à vivre avec ».
Aujourd’hui, son fils a 23 ans. Il travaille, est marié, est devenu père à son tour. Pour Alexandra, cette trajectoire est un message d’espoir. « Oui, une vie normale est possible. Le chemin est différent, parfois plus difficile, mais on peut avancer ».
Transformer sa douleur en engagement
Durant toutes ces années, Alexandra trouve du soutien auprès de groupes de parents sur les réseaux sociaux. Elle y partage ses peurs, ses doutes, mais aussi ses réussites. Progressivement, elle devient celle qui rassure les nouveaux parents. Son entourage le remarque. « Mon mari me répétait souvent : Tu es toujours là pour les autres. Fais-en quelque chose ».
L’idée fait son chemin. Alexandra entreprend alors une formation de 18 mois pour devenir coach spécialisée dans l’accompagnement des proches confrontés à la maladie.
Je ne veux pas conseiller les gens. Je veux simplement les aider à trouver leurs propres ressources pour traverser cette épreuve.
Alexandra Mazière
Son objectif n’est pas d’accompagner les malades sur le plan médical, mais d’aider les familles à retrouver un équilibre émotionnel. Aujourd’hui, Alexandra poursuit encore son activité de commerciale tout en développant ce nouveau projet. Elle propose un premier échange gratuit, en présentiel ou en visioconférence, dans un lieu choisi par les familles. « Je veux que chacun se sente libre. Certains préféreront un café, d’autres leur salon ou une visio. L’essentiel, c’est qu’ils se sentent en confiance. »
Au-delà de son activité, elle souhaite surtout faire évoluer le regard porté sur le diabète de type 1. « On parle beaucoup du traitement, et c’est normal. Mais on oublie souvent ceux qui vivent la maladie aux côtés du patient. Pourtant, eux aussi ont besoin d’être accompagnés ».
Parce qu’elle sait ce que représente cette annonce, elle aurait aimé rencontrer, il y a 12 ans, quelqu’un capable de lui dire que la vie continuerait. Un message qu’elle espère désormais transmettre à toutes les familles qui, un jour, verront elles aussi leur vie basculer.
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