Les ornithologues plus expérimentés présentent une structure cérébrale plus développée que les amateurs novices, met en lumière une étude canadienne. À force d’observer et de comparer les espèces, le cerveau se réorganise. L’identification des oiseaux pourrait ainsi constituer un entraînement pour la plasticité cérébrale.

Dans cette recherche publiée dans le Journal of Neuroscience, les ornithologues les plus expérimentés ont reconnu 83% des espèces locales présentées, contre 44% pour les novices. Une différence de performance qui n’a jusqu’ici rien de surprenant.

Le plus intéressant réside dans l’imagerie cérébrale. Chez les spécialistes, certaines zones liées à l’attention, à la mémoire et au traitement visuel sont plus développées et mieux connectées. Le déclin associé à l’âge apparaît aussi moins prononcé chez les ornithologues expérimentés.

Développer sa réserver cognitive

En d’autres termes, le cerveau est remodelé par la pratique, un peu comme cela a été observé chez les musiciens professionnels ou les personnes bilingues, avec la zone de l’audition

Les chercheurs ont mené l’expérience à partir d’images d’oiseaux. Mais on peut imaginer que, comme pour les musiciens ou les bilingues, l’écoute des chants serait aussi un bon entraînement pour les neurones.

Observer les oiseaux pourrait ainsi contribuer à développer la réserve cognitive, cette capacité du cerveau à se défendre contre le vieillissement.

Alexandra Richard/hkr