Au sortir d’une saison compliquée, marquée notamment par le licenciement de Peter Zeidler, Lausanne ne présente que peu de garanties. A son nouvel entraîneur, Luka Elsner, de « surprendre en bien », pour que les pensionnaires de La Tuilière (re)partent du bon pied.
Neuvième de Super League au terme d’un dernier exercice qu’il a terminé dans le brouillard, après avoir pourtant réussi un joli parcours européen, le Lausanne-Sport est assurément l’une des grandes énigmes de la saison à venir, tant il apparaît compliqué, pour le moment, de cerner les possibilités des Vaudois en 2026/2027.
Parce que quelques-uns de ses bons joueurs s’en sont allés (Théo Bair, Gaoussou Diakité, Sekou Fofana…) et parce qu’un nouveau technicien s’est installé sur son banc, le LS avance sans garantie, mais a peut-être ainsi le mérite de pouvoir étonner ceux qui n’en attendent pas grand-chose.
Les montagnes russes
Qu’on soit optimistes ou pessimistes pour les pensionnaires de La Tuilière, force est déjà de reconnaître qu’ils n’auront pas le droit de signer une cuvée similaire à la précédente, vécue longtemps sur un fil puis achevée en eau de boudin (sept revers sur les neuf dernières sorties). D’aucuns en viennent même à dire que si celle-ci s’était étendue un mois de plus, Lausanne aurait plongé…
Des jolies étoiles nées dans les yeux de leurs supporters au long d’une belle petite escapade continentale à l’écroulement du printemps, Olivier Custodio et ses partenaires ont effectivement passé douze mois dans les montagnes russes, mais ne veulent plus en entendre parler. Ce d’autant plus qu’ils voient désormais leur destin placé entre les mains d’un coach qui s’est fait un petit nom en France avant un passage en Pologne.
La valeur travail
Luka Elsner, bientôt 44 ans et élu meilleur entraîneur de L2 en 2023 après avoir promu Le Havre, a beaucoup à reconstruire chez les Vaudois, mais l’optimisme est de rigueur dans les rangs, à entendre Stéphane Henchoz. « La saison dernière, nous n’avons pas suffisamment bien travaillé à tous les niveaux pour atteindre le top-6, a récemment reconnu le directeur sportif au micro de La Télé, et c’est justement le travail qui fait la différence si on veut atteindre ce tour final. »
Autant dire que, sous l’impulsion de ses supérieurs, le technicien slovène ayant grandi sur la Côte d’Azur va s’atteler à faire bosser et suer ses ouailles, avec l’idée de présenter du beau jeu, de mettre en avant les jeunes, aussi. « Le projet est ambitieux, bien construit, bien organisé, autour d’un groupe de joueurs qui possèdent du talent », résume le quadragénaire.
GC, une belle opportunité
Ce mélange entre vieux briscards (Custodio, Florent Mollet, Morgan Poaty…) et promesses (Nathan Butler-Oyedeji, Omar Janneh, Karim Sow…) doit replacer Lausanne dans la partie supérieure du tableau de Super League, objectif clairement affiché par les dirigeants. Or, sachant que cet effectif, peu retouché, n’y est pas parvenu lors du dernier exercice, comment faire mieux, comment aller taper plus haut? « Il s’agira d’être plus constants », lâche Luka Elsner, qui ne cache pas que l’expérience engrangée ces derniers mois par ses joueurs ne sera pas négligeable.
Subsiste toutefois cette sensation que, bien que vainqueur de 5 de ses 7 matches de préparation, ce Lausanne-Sport apparaît pour le moment moins bien outillé que Servette ou Sion, par exemple, pour ne citer que ses camarades romands. Mais une entame de saison marquée par la réception du toujours friable Grasshopper (ce samedi à 18h00) est peut-être la meilleure manière de démarrer pied au plancher. A condition de ne pas se laisser griser ensuite!
Arnaud Cerutti