Le système d’appel d’urgence automatique est obligatoire dans toutes les voitures neuves.Quatre plateformes en France traitent quelque 400.000 alertes, permettant de sauver près de 200 vies chaque année.Regardez ce reportage du 20H de TF1.

Suivez la couverture complète

Le 20H

Ajoutez TF1info à vos sources sur Google

Après son accident, il y a deux ans, Guillaume a dû changer de voiture. Et il regrette une chose : le bouton d’alerte d’urgence, au niveau du plafonnier, auquel il tenait particulièrement. « Il était présent là, c’était un bouton rouge où était noté SOS, avec une petite diode dessus. J’aurais bien aimé l’avoir, vu qu’il m’a déjà, entre guillemets, sauvé la mise une fois », explique-t-il dans le reportage du 20H de TF1 visible en tête de cet article. Un dimanche de 2024, cet automobiliste fait un malaise au volant (nouvelle fenêtre). Son véhicule, lancé à 110 km/h sur l’autoroute, traverse les trois voies puis s’encastre dans un séparateur. 

Alors qu’il est à peine conscient, le système d’alerte se déclenche et appelle automatiquement à l’aide. « C’est là que j’ai entendu ce bouton SOS se déclencher, en disant : ‘Bonjour, est-ce qu’il y a quelqu’un ?’ C’est un peu flou, les mots ne sont pas forcément exacts, mais j’ai vraiment eu ce contact avec cette personne qui, elle, a appelé les secours », se souvient-il. Tombé au sol sur la bande d’arrêt d’urgence (nouvelle fenêtre) en ouvrant sa portière, il en est convaincu : sans cet appel, les conséquences auraient été bien plus graves : « Je pense que j’aurais été percuté par un autre véhicule et je ne serais plus là. Ça, c’est une quasi-certitude. »

400.000 appels par an

Ce système d’alerte est obligatoire dans toutes les voitures homologuées après 2018. En France, quatre plateformes reçoivent ces appels d’urgence, dont celle de Niort (Deux-Sèvres), où les équipes du 20H ont pu se rendre. Ce jour-là, une voiture dans les Alpes vient de déclencher une alerte. « Plateforme d’urgence, j’écoute. Est-ce que quelqu’un m’entend dans le Sandero ? Y a-t-il des blessés ? », interroge l’assistante. Aucune réponse du conducteur. « Pouvez-vous me répondre, s’il vous plaît ? Dans le véhicule, y a-t-il des blessés ? » Elle n’a alors que quelques secondes pour décider d’appeler les secours. Pour permettre aux pompiers d’intervenir, la plateforme transmet ensuite le modèle de la voiture, la plaque d’immatriculation et la localisation précise.

Le déclenchement des secours se fait en moins de 75 secondesKaty, directrice directrice des opérations mobilité du groupe Ima, à Niort (Deux-Sèvres)

Rien que dans ce centre, 600 appels sont traités chaque jour. Certains correspondent à de vraies situations de danger, mais dans 95% des cas, il s’agit d’une fausse manipulation. « Je voulais mettre mes lunettes en place et j’ai appuyé sur le bouton, madame », s’excuse par exemple une automobiliste. Au total, l’an dernier, 400.000 appels ont été traités par ces plateformes. On estime qu’ils permettent de sauver 200 vies chaque année. « La réception d’une alerte se fait en moyenne en moins de 13 secondes, et le déclenchement des secours en moins de 75 secondes. Donc oui, en termes d’efficacité, c’est un vrai filtre qui est fait ici, et une vraie optimisation », souligne Katy, directrice des opérations mobilité du groupe Ima, à Niort.

Téléphones et montres connectées

Les voitures ne sont pas seules à donner l’alerte. Certains téléphones portables et montres connectées (nouvelle fenêtre) le font aussi à notre place. Dans l’Hérault, elles arrivent directement chez les pompiers. Mais avec cette fois, une difficulté supplémentaire : impossible de joindre la victime. « On ne sait pas ce qui se passe, donc le doute bénéficie toujours à la victime, explique face à notre caméra le commandant Sami El Idrissi, sapeur-pompier professionnel au SDIS 34. On engage les secours et on les laisse faire une reconnaissance pour voir exactement ce qu’il se passe ». Avec le risque, parfois, de se déplacer pour rien.

Lire aussi

« Elles nous aident à prendre soin de notre santé » : les montres connectées, nouvelles amies des seniors et des ados

Mais ces déclenchements automatiques sauvent aussi des vies, l’appareil étant capable de détecter une anomalie sans même que son propriétaire ne réalise ce qui lui arrive. « Le SDIS a reçu un appel qui provenait d’une montre connectée. Et il s’avère que la personne était en arrêt cardiaque à son domicile. Donc les secours ont pu prodiguer les soins, relate le commandant. La famille était étonnée de voir les secours arriver ». Depuis le début de l’année, ce centre heraultais a reçu plus d’une centaine d’alertes provenant de véhicules ou d’appareils connectés. De quoi permettre, selon les pompiers, des interventions plus rapides, et donc plus efficaces.

La rédaction de TF1info | Reportage : Joe SACCAL et Corinne CHEVRETON