Manœuvre H(elvétie)
Le 30 août 1939, l’Assemblée fédérale élit Henri Guisan au poste de général. Le soir même, il rencontre un agent de liaison français. C’est le début de la manœuvre H, une collaboration secrète envisagée avec l’armée française en cas d’attaque de la Suisse par Hitler. Confirmée publiquement trente ans plus tard, cette opération va connaître de multiples rebondissements
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Le général Guisan a-t-il violé la neutralité en pactisant avec l’armée française en 1939-1940 dans le cadre de la «manœuvre H»? Le verdict tombe en 1970, sous la plume de l’historien Edgar Bonjour mandaté par le Conseil fédéral pour écrire l’Histoire de la neutralité suisse pendant la Seconde Guerre mondiale. Il ne consacre que quelques pages à l’affaire. Voici sa conclusion: «Vue sous l’angle du droit relatif à la neutralité, la manière d’agir de Guisan n’est guère critiquable. Considérées sous l’angle de la politique de neutralité, les conventions militaires conclues en temps de paix à titre éventuel pour régler la collaboration en cas de guerre demeurent cependant à l’extrême limite de ce qui est licite, surtout si elles ne sont passées qu’avec l’une des parties. L’Allemagne aurait pu en faire un casus belli et le prétexte d’une intervention armée.»
Des gardes frontières consolident la frontière, Sargans (SG), en 1939. — © EMIL STEINER / KEYSTONE