Les voisins donnent l’alerte
Les premiers signes inquiétants apparaissent lorsque plusieurs voisins alertent Audrey. « Ils voyaient régulièrement des rats circuler dans les allées », raconte-t-elle, évoquant également de nombreuses allées et venues autour de la maison. Elle décide alors de se rendre sur place pour comprendre ce qui se passe et réclamer les loyers impayés.
Son locataire lui permet alors d’entrer dans la maison. « Je visite les lieux avec lui et il m’avoue qu’il n’a fait que des bêtises », explique-t-elle. La propriétaire découvre pour la première fois l’état de délabrement du logement et filme les pièces avec son téléphone. Malgré les promesses du locataire, rien ne change. Les déchets continuent de s’accumuler, tout comme les loyers impayés.
À lire aussi
En octobre, Audrey finit par saisir le juge de paix afin d’obtenir l’expulsion de son locataire. Le jugement est prononcé en novembre, mais il reste encore à le faire appliquer.
Pour Olivier Hamal, président du Syndicat National des Propriétaires et Copropriétaires, une expulsion représente une dépense importante. Elle coûte « au bas mot dans les 1.500 euros », précise-t-il, car l’huissier doit notamment intervenir avec un déménageur et un serrurier, mais aussi requérir les forces de l’ordre.
Afin d’éviter ces frais supplémentaires, Audrey tente de trouver un accord avec son locataire par SMS. Celui-ci lui assure qu’il quittera les lieux de son plein gré.
Le jour où Audrey se rend sur place, la maison semble pourtant verrouillée de l’intérieur. Après plusieurs efforts, la porte finit par s’ouvrir. À l’intérieur, c’est la sidération. « On peut constater que c’est un dépotoir », lâche-t-elle. Les toilettes sont remplies de matières fécales et « l’odeur commence à être impressionnante ».
Dans les différentes pièces, les bouteilles vides et les déchets s’entassent. Audrey découvre également des traces de sang dans l’ancien salon et de nombreuses bouteilles remplies d’urine. « Je pense qu’ils sont tombés à court de bouteilles », avance-t-elle, avant d’expliquer que les occupants auraient alors commencé à uriner directement sur les monticules de déchets.
À lire aussi
À l’étage, les mauvaises surprises se poursuivent. « Ça fait une peine énorme », confie la propriétaire, bouleversée face à l’état de cette maison « payée pendant vingt ans » et pour laquelle elle affirme s’être sacrifiée. « Au début, moi, j’ai acheté seule », rappelle-t-elle.
Selon le voisinage, le locataire ne vivait d’ailleurs pas seul dans l’habitation. Plusieurs personnes auraient régulièrement occupé les lieux.
Entre 600 et 700 bouteilles d’urine
Depuis le tournage d’Images à l’appui, Audrey a repris possession de sa maison et entamé un immense chantier de nettoyage. La tâche s’est révélée particulièrement éprouvante. « Il y avait entre 600 et 700 bouteilles d’urine », raconte-t-elle. Elle dit également avoir dû gratter de nombreux crachats et nettoyer des murs couverts d’urine et, à certains endroits, de vomi.

Les matelas étaient eux aussi fortement souillés et les déchets s’accumulaient dans toute la maison. Des rats avaient également envahi les lieux. Le couple a notamment dû refaire entièrement le sol.
En nettoyant l’habitation, Audrey affirme avoir retrouvé de la poudre blanche, une balance de précision, de petits sachets et des feuilles. Elle explique également qu’un trafic important aurait eu lieu principalement la nuit.
Jusqu’à 40.000 euros de dégâts
Audrey et son mari réalisent eux-mêmes une grande partie des travaux, ce qui rend difficile une estimation précise du préjudice. Elle évalue toutefois le coût de la remise en état entre 35.000 et 40.000 euros s’ils devaient faire appel à des professionnels. Aujourd’hui, la propriétaire dit ressentir « un peu de rage, un peu de colère » et surtout un profond sentiment d’injustice. Elle se demande parfois si les locataires ne sont pas davantage protégés que les propriétaires.
« Cette maison, je l’ai payée pendant vingt ans. J’ai bataillé pour l’avoir », insiste-t-elle. Face à l’ampleur des dégâts, elle juge la situation profondément déprimante. Malgré tout, Audrey ne compte pas poursuivre son ancien locataire en justice. Selon elle, une telle démarche ne servirait à rien en raison de son manque de solvabilité.
Retrouvez « Images à l’appui » chaque lundi à 19h50 sur RTL tvi et en streaming sur RTL play.

