Nous ne sommes plus face à une crise ponctuelle, lance le Groupement des agriculteurs biologiques des Côtes-d’Armor (Gab 22), dans un communiqué transmis ce lundi 27 juillet 2026. Selon lui, les épisodes de sécheresse et de fortes chaleurs de cet été 2026 confirment une évolution durable des conditions de production agricole.

L’association a publié les résultats d’une enquête réalisée en juillet, auprès des 1 000 fermes biologiques du département. Quatre-vingt-dix-neuf exploitations y ont répondu. Un chiffre qui, selon le Gab 22, traduit l’ampleur des difficultés rencontrées sur le terrain.

Des pertes dans toutes les productions

Près d’une ferme sur deux (43 %) estime que la sécheresse et la canicule ont un impact important ou très important sur son activité. Aucun secteur n’est épargné : les maraîchers enregistrent jusqu’à 50 % de pertes de rendement, voire des récoltes totalement perdues sur certaines cultures ; les éleveurs laitiers évoquent une baisse de production pouvant atteindre 25 % pendant les épisodes de fortes chaleurs ; les grandes cultures perdent entre 20 et 25 % de rendement et les producteurs de petits fruits jusqu’à la moitié de leur récolte.

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Au-delà des pertes de production, les exploitations doivent faire face à une hausse des charges, à des achats supplémentaires d’aliments pour les animaux et à une dégradation de leur trésorerie.

Des agriculteurs « proches de l’épuisement »

L’enquête révèle également une forte fatigue : 85 % des agriculteurs déclarent se sentir fragilisés, très fatigués ou proches de l’épuisement. Plusieurs fermes évoquent même un risque d’arrêt de leur activité.

Les agriculteurs et agricultrices bio démontrent chaque jour leur capacité d’adaptation. Mais aujourd’hui, la succession des aléas climatiques dépasse les marges de manœuvre des fermes, souligne Antoine Person, président du Gab 22. Nous sommes confrontés à une nouvelle réalité climatique qui appelle une réponse publique adaptée.

Face à cette situation, le Gab 22 demande à l’État d’accélérer les dispositifs d’aide d’urgence, un soutien renforcé à la trésorerie des exploitations les plus fragiles et un accompagnement des investissements nécessaires pour adapter les fermes aux nouvelles conditions climatiques.

« Des politiques agricoles qui retardent les transitions nécessaires »

Le Gab 22 regrette aussi que la loi d’urgence agricole adoptée récemment par le Parlement envoie un signal contradictoire, estimant que plusieurs orientations retenues ne sont pas à la hauteur des transformations exigées par l’évolution du climat. Au moment où les agriculteurs subissent directement les conséquences du changement climatique, nous ne pouvons pas nous permettre des politiques agricoles qui retardent les transitions nécessaires , estime Antoine Person. Pour le groupement, l’agriculture biologique constitue l’un des leviers d’adaptation grâce à des pratiques qui favorisent la préservation des sols, de l’eau et de la biodiversité.

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Le Gab 22 rappelle enfin que les résultats de son enquête ont été transmis aux services de l’État afin de contribuer aux travaux sur les dispositifs de soutien aux exploitations les plus durement touchées.