Une centaine de personnes, dont de nombreux queers, se sont réunies dimanche dans l’église Saint-Pierre-et-Paul de Berne pour une célébration interreligieuse. Tout en partageant leur foi, ils et elles ont appelé les communautés religieuses à se montrer plus tolérantes envers les personnes qui ne se reconnaissent pas dans le modèle hétérosexuel.

« Dieu aime aussi les queers, car Dieu a créé tous les humains à son image », a déclaré Michel Ronen, coprésident de la Communauté juive de Berne, face au public. Derrière lui, les organisateurs avaient suspendu sous une figure du Christ un drapeau arc-en-ciel sur lequel figurait les symboles de cinq religions: l’islam, la chrétienté, le judaïsme, l’hindouisme et le bouddhisme.

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Ce sont des représentants de ces cinq religions qui ont invité à cette deuxième célébration queer dans le cadre de la Pride de Berne. Un musulman genevois a pris la parole pour faire son premier coming-out public. « Je suis musulman et queer », a-t-il déclaré. « Longtemps, j’ai eu l’impression que ces deux parties de mon identité n’allaient pas ensemble, comme si j’avais dû me décider soit pour l’une, soit pour l’autre. Mais aujourd’hui, je le dis devant vous: je suis les deux. » 

>> Voir le sujet du 19h30 : Une centaine de queers réunies à Berne pour une célébration interreligieuse Une centaine de queers réunis à Berne pour une célébration interreligieuse / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30 « On n’a pas à choisir »

Andrea et Johnny étaient, eux, dans le public. L’un est Tessinois, réformé. L’autre Equatorien, catholique. Après avoir participé à la Marche des fiertés à Berne samedi, le couple a tenu à partager ce moment de prière. « Avec Andrea, on est ensemble depuis cinq ans », a témoigné Johnny au micro du 19h30 de la RTS dimanche. « Grâce à cette relation, je peux maintenant vivre pleinement ma spiritualité. Être homosexuel ne signifie pas qu’on ne peut pas vivre sa foi en Dieu. »

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Après la célébration, les deux hommes sont visiblement très émus. « Célébrer Dieu ensemble à l’occasion d’une Pride, c’est magnifique! Cela rappelle que la spiritualité peut être une ressource aussi pour les personnes queers », déclare Andrea.

Espoirs de changement

Les participants auxquels la RTS a pu parler reconnaissent qu’il reste difficile d’être queer et croyant, car il existe encore de nombreux préjugés sur ces personnes dans les communautés religieuses. « Inch’Allah, j’espère que l’islam intégrera plus les homosexuels à l’avenir », déclare le musulman genevois à la RTS après la cérémonie.

« Beaucoup de gens pensent que l’on peut choisir son identité ou son orientation sexuelle, or cela est faux. C’est que démontre la science », ajoute pour sa part Matthias Tanner, de l’Eglise réformée de Berne, qui a coordonné l’organisation de l’événement.

« Même si certains textes chrétiens condamnent l’homosexualité, dans la pastorale, beaucoup d’églises accueillent les personnes queers, donc ça évolue », constate Andrea. « J’espère qu’à l’avenir le visage de l’église changera. » A noter que la célébration était soutenue officiellement par l’Eglise catholique à travers l’évêché de Bâle/Berne, même si aucun de ses représentants n’était présent cette année.

Jean-Marc Heuberger