Un nouvel épisode de canicule est attendu dès mercredi en Suisse avec des températures largement au-dessus des 35 degrés, ce qui alimente les inquiétudes quant au danger d’incendie, déjà fort ou très fort dans presque tout le pays. Face à cette menace, les autorités misent sur la prévention.
Après les quelques épisodes pluvieux des derniers jours, la canicule va s’installer pour au moins une semaine en Suisse. En plaine, des températures maximales de 37 degrés sont attendues mercredi et jeudi et elles seront encore proches de 35 degrés jusqu’à lundi, selon MétéoSuisse.
Mickhael Schwander, prévisionniste à l’office fédéral, a indiqué dimanche dans Forum que des pointes à 38 ou 39 degrés sont aussi possibles jeudi. Et les nuits seront à nouveau tropicales, y compris en dehors des centres urbains.
La durée de cette vague de chaleur reste encore incertaine. Un léger fléchissement est envisagé en fin de semaine, mais MétéoSuisse n’exclut pas un nouveau pic au début du mois d’août. « A partir du 31 juillet, il y a pas mal d’incertitudes », a rappelé le prévisionniste.
>> L’interview de Mikhael Schwander dans Forum : Quel est le risque d’incendie de forêt en Suisse? Interview de Mikhael Schwander / Forum / 3 min. / hier à 18:05 Un danger d’incendie fort ou très fort
Cette nouvelle augmentation des températures intervient alors que le danger d’incendie est déjà important en Suisse. Il est de degrés 5 sur 5, soit très fort dans plusieurs régions des cantons du Valais, de Bâle, d’Uri, de Glaris et des Grisons. Ailleurs, il est de 4 sur 5, soit fort, dans la majeure partie du pays, à l’exception du Tessin et du sud des Grisons.
Vu la propagation rapide des incendies avec le terrain très sec, les autorités ont lancé des appels à la prudence. Il est interdit de faire des feux en plein air ou d’utiliser des engins pyrotechniques dans la majeure partie des cantons. Des allumettes enflammées, les étincelles d’un feu, des mégots mal éteints ou même la foudre peuvent provoquer des incendies.
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Face à cette situation, les experts forestiers surveillent de près l’état de la végétation et de la litière, cette couche de feuilles et de branches mortes particulièrement inflammable en période de sécheresse.
« On voit que c’est extrêmement sec, donc inflammable », constate dans le 19h30 Romain Blanc, ingénieur forestier cantonal neuchâtelois, en observant les éléments organiques qui recouvrent le sol. Ces analyses permettent d’anticiper le risque avant qu’un incendie ne se déclare et ne fasse de gros dégâts. Quatre ans après l’incendie qui a ravagé durant une semaine les hauteurs de Neuchâtel, les traces sont en effet toujours visibles.
Un indice adapté aux spécificités suisses
Pour évaluer le danger, les cantons s’appuient aujourd’hui sur le Fire Weather Index, un modèle développé au Canada qui prend notamment en compte « l’humidité à différentes profondeurs dans le sol, la sécheresse de la végétation, le taux d’humidité de l’air et aussi le vent qui joue un rôle prépondérant », explique Romain Blanc.
Mais l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) développe désormais un indice spécifiquement adapté à la Suisse. « La majeure partie des déclenchements sont dus à l’humain », rappelle le chercheur Boris Pezzatti. Les habitudes diffèrent selon les régions, qu’il s’agisse des grillades en forêt au nord des Alpes ou des types de végétation. « En se basant sur l’histoire des feux et le contexte régional, on arrive à développer un modèle calé sur la région ou le canton. »
Malgré des conditions toujours plus propices aux incendies, le nombre de feux diminue en Suisse. « Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas plus de risques, mais que la prévention fonctionne si elle est faite de manière correcte », souligne Boris Pezzatti.
>> Voir le sujet du 19h30 sur la surveillance des forêts neuchâteloises :
Quatre ans après l’incendie, les forêts neuchâteloises restent sous surveillance face au risque permanent / 19h30 / 2 min. / hier à 19:30
Sujet TV et interview radio: Victoria Cora et Mehmet Gultas
Adaptation web: Raphaël Dubois et Frédéric Boillat