Contenus formatés ou automatisés ? LinkedIn est devenu le réseau social où l’intelligence artificielle est la plus utilisée, selon une étude publiée par Pangram.
LinkedIn, le premier réseau social professionnel, rassemble plus de 13 millions d’utilisateurs réguliers en France. Pourtant, les unes après les autres, les publications se ressemblent et se lissent. Si certains y voient le reflet d’un réseau social formaté, d’autres y lisent la prolifération des contenus générés par intelligence artificielle. En effet, LinkedIn est devenu le réseau social où l’intelligence artificielle est la plus utilisée, selon une étude publiée par Pangram.
Le 24 avril dernier, Pangram, un outil de détection IA, a lancé une extension Chrome pour analyser plus d’un million de textes sur cinq réseaux sociaux différents : LinkedIn, X, Reddit, Medium et Substack. Le 9 juillet, les conclusions publiées par Pangram avancent que «40% des publications de plus de 50 mots sont entièrement rédigées par l’IA». Le phénomène touche également les commentaires LinkedIn, dont «23%» sont rédigés par IA, ce qui reflète une stratégie prisée par certains utilisateurs pour augmenter leur visibilité.
«62% du contenu IA détecté»
D’après Pangram, LinkedIn concentre «62% du contenu IA détecté» : plus le post est long, plus il a de chances d’être rédigé avec l’intelligence artificielle. X suit la tendance avec seulement «53% des contenus» jugés entièrement humains alors que Reddit tire son épingle du jeu en révélant un taux de réponses humaines de «98%». Ces données restent toutefois à prendre avec des pincettes puisque l’extension de Pangram n’a scanné que les posts de plus de 50 mots de ses propres utilisateurs. Or, les outils de détection d’IA ne sont jamais 100% fiables. Mais, la prolifération de l’intelligence artificielle sur LinkedIn a tout de même été repérée par l’entreprise.
Depuis mai 2026, LinkedIn a décidé d’agir contre «l’IA slop» à savoir la diffusion massive de contenus de mauvaise qualité générés par l’IA. Le réseau social a mis en place un système qui détecte la présence d’IA sur les posts concernés. Une fois détectés, ces posts ne sont pas supprimés mais l’algorithme cesse de les mettre en avant. Ces posts ne dépassent plus le premier cercle de connaissances et perdent en visibilité. Laura Lorenzetti expliquait le 20 mai dans un post LinkedIn que « lors de leurs premiers tests, le système a correctement identifié les contenus génériques dans 94 % des cas». L’IA chasse donc l’IA… Pour LinkedIn, «certains membres [constataient] déjà une réduction de ce type de publications dans leur fil».
LinkedIn cherche à mettre en avant la valeur de l’humain sur sa plateforme en expliquant que «les professionnels viennent sur LinkedIn pour entendre de vraies personnes partager leurs analyses, leurs points de vue et leurs perspectives uniques.» C’est pourquoi, l’application travaille pour «réduire les contenus de faible qualité, automatisés ou génériques.» Elle admet que «l’IA peut aider à surmonter la page blanche» mais revendique que la priorité de LinkedIn est de «faire émerger des conversations professionnelles utiles aux membres dans leur parcours et leur développement de carrière.»