Swiss Rescue, l’équipe suisse de secours d’urgence, a déployé 80 personnes et 17 tonnes de matériel au Venezuela après le double séisme de juin 2026. Même sans avoir pu directement sauver de vie, leur présence a apporté un soulagement immense aux populations touchées, témoigne le secouriste Stefano Meroni.
Vingt-cinq interventions en 45 ans d’existence, un système opérationnel 24h/24 et 7j/7, 365 jours par an, et modulable selon les besoins. Voici Swiss Rescue (la Chaîne suisse de sauvetage, en français), un groupe de secouristes d’urgence membre de l’Aide humanitaire de la Confédération.
L’équipe de Swiss Rescue envoyée au Vénézuéla. [Chaîne suisse de sauvetage]
Swiss Rescue associe des acteurs civils, militaires et privés, et collabore avec le Corps suisse d’aide humanitaire (CSA). La spécificité principale de cette organisation est qu’elle intervient rapidement, dans le cas de situations d’urgence, par exemple suite au double séisme qui a frappé le Venezuela il y a un mois.
« Destruction quasi totale, mais sectorielle »
Stefano Meroni, un Tessinois résidant dans le canton de Berne, est membre de Swiss Rescue. Interrogé par RSI quelques semaines après son retour en Suisse, il témoigne d’images de « destruction quasi totale, mais sectorielle ».
Le simple fait d’être sur place, d’essayer quelque chose, est déjà un immense soulagement pour la population
Stefano Meroni, membre de Swiss Rescue
« Sur le trajet entre l’aéroport où nous avons atterri et la zone où nous avons ensuite établi notre base d’opérations, nous avons vu des zones où tout était encore parfait, avant de basculer soudainement dans la destruction totale. C’est ce contraste qui est resté profondément ancré dans ma mémoire. »
Des bénévoles déblaient les décombres de bâtiments détruits par les tremblements de terre de la fin juin à Caraballeda, au Venezuela. [KEYSTONE – MIGUEL GUTIERREZ]
Dans des interviews données après l’opération, Stefano Meroni avait déclaré avoir ressenti une profonde amertume de ne pas avoir pu sauver directement de vie. Aujourd’hui, il nuance. « Au début, c’est frustrant parce que nous y allons pour sauver des vies. Mais ensuite, il faut essayer d’avoir une vision à 360 degrés. Pour moi, ce n’est plus une frustration: le simple fait d’être sur place, d’essayer quelque chose, est déjà un immense soulagement pour la population. »
Une logistique monumentale
A l’arrivée sur place des différents groupes d’aide humanitaire, les autorités locales vénézuéliennes ont mis en place un dispositif de gestion de crise, une sorte de cellule chargée de l’arrivée des équipes internationales.
« Parallèlement, une autre cellule est créée pour gérer l’aspect opérationnel: l’affectation des équipes, les secteurs concernés et les activités prévues ».
La base opérationnelle a été installée dans un stade, aux côtés des équipes d’autres pays. [Chaîne suisse de sauvetage]
Rien que pour l’équipe de Swiss Rescue, « nous étions 80, avec huit chiens de recherche et environ 17 tonnes de matériel, comprenant de la nourriture, des fournitures médicales, du matériel de sauvetage technique pour travailler dans les décombres et des moyens de télécommunication », liste le secouriste.
Les secouristes ont été installés dans un stade de baseball, proche « des pompiers italiens, de la Croix-Rouge vénézuélienne, d’équipes de Colombie, du Chili, d’Espagne, d’Autriche et d’Allemagne », relate Stefano Meroni.
Les défis de la communication
La communication entre les différentes équipes était facilitée par l’objectif et les intentions de chacune, explique-t-il. « Ce sont des choses qui fonctionnent d’elles-mêmes, sans trop d’explications. Si ce n’est pas en anglais, on communique par gestes ou même d’un simple regard. C’est automatique et facile. »
Les secouristes à l’œuvre dans les décombres. [Chaîne suisse de sauvetage]
Le fait que les réseaux internet et téléphoniques étaient hors service a aussi compliqué l’intervention. « Lorsqu’une équipe se rend dans un secteur précis, il n’est pas toujours facile de maintenir la communication avec la base opérationnelle. De son côté, la base opérationnelle doit également communiquer avec l’extérieur pour informer l’équipe suisse des actions menées au cours des dernières heures. »
Travailler pour Swiss Rescue est une expérience indescriptible et indélébile
Stefano Meroni, membre de Swiss Rescue
Aujourd’hui, Swiss Rescue s’est retirée, mais l’engagement humanitaire de la Suisse n’est pas terminé. « Des spécialistes ont été dépêchés par l’Aide humanitaire suisse. Ces spécialistes, par exemple, gèrent tous les aspects liés à l’eau et à l’assainissement et ont travaillé (ou travaillent encore) en collaboration avec plusieurs hôpitaux de la région de La Guaira, où se situait l’épicentre du séisme. D’autres spécialistes interviennent dans le domaine de la santé et d’autres encore dans celui de l’aide économique. »
>> Ecouter un extrait de l’interview de Stefano Meroni pour RSI:
Pour Stefano Meroni, son engagement auprès de Swiss Rescue est « une expérience indescriptible et indélébile qui permet à chacun de grandir personnellement. »
Propos recueillis par Gian Paolo Driussi (RSI)
Adaptation française: Julien Furrer (RTS)