Animateur reconnu pour son engagement dans la valorisation du patrimoine français, Stéphane Bern voit son rôle s’élargir. Récemment, la gestion du chantier de reconstruction de la flèche et de la tour nord de la basilique Saint-Denis prend un tournant important. Élu président de l’association « Suivez la flèche » le 24 juillet 2026, il succède aux maires de Saint-Denis, pour la première fois, dans la conduite d’un projet historique estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros. Dans cette mêlée, Bally Bagayoko, maire LFI de la ville et candidat, s’est retiré avant le scrutin, marqué par de vives tensions politiques locales. Mais pourquoi ce choix ? Et quels enjeux derrière la nomination d’une personnalité nationale là où, jusque-là, la présidence restait municipale ?

Stéphane Bern à la tête du chantier : nouvelle dynamique pour la basilique Saint-Denis

Le 24 juillet 2026, le conseil d’administration de l’association Suivez la flèche voit sa gouvernance bouleversée. L’assemblée vote : Stéphane Bern est élu président à « l’unanimité, moins deux abstentions ». Bally Bagayoko, candidat du camp municipal, s’est retiré avant le vote – une décision qui secoue le microcosme politique dionysien. Pour Bern, il s’agit d’un « rassemblement et d’unité », loin de toute querelle partisane : « Mon seul parti, c’est le patrimoine », confie-t-il au Figaro. Derrière cette élection, c’est la dimension nationale du projet qui prend le dessus. Le défi ? Boucler le financement (il manque encore entre 4 et 5 millions d’euros), tout en réaffirmant la vocation universelle d’un monument tutélaire, symbole de l’histoire monarchique et républicaine de la France.

Depuis la pose de la première pierre en mars 2025, la restauration de la flèche, jetée à terre au XIXe siècle après des tempêtes successives, mobilise l’association. Bern, fort de son carnet d’adresses, veut accélérer la levée de fonds et promouvoir un chantier dont la finalité dépasse le territoire local. Sa présidence cristallise d’ailleurs le renouvellement du mode de gouvernance : la ville, autrefois détentrice de la direction associative, se voit promise une vice-présidence – une ouverture affichée mais qui ne fait pas l’unanimité parmi les soutiens du maire. Pour autant, au cœur de la polémique, le nouvel élu veut croire à la magie du collectif : « non pas contre le maire, mais dans une optique de rassemblement », rappelle-t-il.

Réaction politique et nouvelle gouvernance : tensions autour d’une présidence symbole

L’histoire de la basilique Saint-Denis entremêle étroitement enjeux patrimoniaux et équilibres politiques locaux. Depuis Patrick Braouezec et Mathieu Hanotin, la présidence de l’association « Suivez la flèche » revenait presque automatiquement au maire de la ville. L’arrivée d’une personnalité nationale du patrimoine a bousculé cette tradition. D’après Le Parisien, Bally Bagayoko dénonce une logique politique : l’association aurait été « sollicitée par des représentants de l’État sur la base d’une argumentation politique ». Face à une dizaine de ses soutiens, refusant de siéger lors du scrutin, le vote s’est donc déroulé dans une ambiance crispée.

Ce choix institutionnel inédit ne fait pas que redistribuer les cartes du pouvoir local : il confie à Stéphane Bern la responsabilité majeure de trouver les millions d’euros nécessaires au bouclage du budget, tout en rassurant la ville par un poste de vice-président. Lui qui cultive cet art du consensus et du carnet d’adresses, peut-il fédérer aussi bien les mécènes que les habitants de Saint-Denis ? Premier test pour l’animateur-vedette, qui promet d’associer la mairie dans la gouvernance tout en portant, haut et fort, la bannière du patrimoine pour tous.

Sources : Gentside, Le Parisien, Le Figaro.

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