“ Nous ne participerons pas au bureau issu de cette élection ”, tranche ainsi l’édile dans un texte signé par les élus de sa majorité municipale et territoriale, affirmant que les conditions du scrutin ont été entachées de “ nombreuses irrégularités ” qui auraient dû, selon sa majorité, “ conduire à (son) report ”.

“ L’analyse juridique que nous avons sollicitée auprès du cabinet Seban & Associés met en évidence plusieurs manquements graves aux statuts de l’association, parmi lesquels :

la présidence irrégulière de l’assemblée générale du 15 juillet 2026 par le président sortant
de l’association, alors que ses mandats de représentant de la Ville de Saint-Denis et de
l’EPT Plaine Commune avaient pris fin respectivement les 16 avril et 23 juin 2026 ;

la participation au vote de plusieurs personnes alors qu’aucun élément ne permet
d’établir que les personnes morales qu’elles représentaient avaient régulièrement adhéré à
l’association ;

l’exclusion irrégulière de deux sièges lors du renouvellement du conseil d’administration,
au motif que les administrateurs cooptés n’auraient pas accompli un mandat complet de
trois ans, alors même que les statuts prévoient expressément que leur mandat est limité à
la durée restant à courir de celui de leur prédécesseur ;

l’élection irrégulière de l’architecte en chef des Monuments historiques au conseil
d’administration, alors que les statuts lui confèrent uniquement la qualité d’invité avec
voix consultative et que sa rémunération par l’association en qualité de maître d’œuvre du
chantier de restauration le place dans une situation manifeste de conflit d’intérêts. ”, détaillent les élus.

“ Pris isolément, chacun de ces manquements est préoccupant. Considérés dans leur
ensemble, ils révèlent une même logique : celle d’organiser le renouvellement des instances
dirigeantes en méconnaissance des statuts de l’association ”, estiment-ils.

En signe de protestation, le maire et son entourage avaient quitté l’assemblée générale avant le vote, vendredi, selon des participants.

“ Rupture sans précédent ”

L’élection de l’animateur TV Stéphane Bern constitue une “ rupture sans précédent ” dans l’histoire de cette structure, fondée en 2016 et baptisée “ Suivez la flèche ”, dénonce Bally Bagayoko. “ Pour la première fois depuis sa création, le maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune est écarté de la présidence d’un projet emblématique pour le territoire ”, déplore-t-il.

Stéphane Bern succède à la tête de l’association à Mathieu Hanotin, ex-maire socialiste de Saint-Denis (battu aux élections de mars par M. Bagayoko), qui avait lui-même succédé à l’ancien édile PCF Patrick Braouezec. “ Nous dénonçons des manœuvres et des arrangements avec les statuts conduits par un ancien maire de Saint-Denis (…), avec le concours de plusieurs responsables exerçant de hautes fonctions au sein des administrations de l’Etat ”, poursuivent les élus de la majorité.

“ Les choses se sont évidemment déroulées dans un processus régulier ”, estime auprès de l’AFP Mathieu Hanotin, “ un peu désabusé et déçu parce que (…) dans la vie, il y a des projets qui doivent nous rassembler ”.

“ Si certains souhaitent contester les conditions de cette élection, notre droit prévoit les procédures permettant à chacun de faire valoir ses arguments ”, se défend pour sa part Stéphane Bern, qui assure que le scrutin s’est déroulé avec “ l’accompagnement du conseil juridique de l’association ”. 0“ Pour ma part, je ne souhaite pas alimenter de polémique ”, ajoute l’animateur TV qui avait expliqué vendredi que l’Etat, auquel appartient la basilique, l’avait incité à se présenter.

L’association Suivez la flèche pilote le chantier de réfection de la basilique de Saint-Denis, au nord de Paris. Il s’agit de l’un des monuments majeurs du patrimoine français et européen, où sont inhumés 40 rois et 26 reines.

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