La grande salle de Robien est à nouveau au cœur des crispations des associations de Saint-Brieuc : après la grogne des parents d’élèves la semaine passée, c’est au tour du club photographique Objectif Image Saint-Brieuc (OISB) d’exprimer ses griefs contre la mairie. L’organisateur, depuis 1998, de la Biennale de la photographie a communiqué, lundi 27 juillet 2026, renoncer à la tenue de cet évènement quasi trentenaire en 2027, qui attire jusqu’à 4 000 visiteurs. « Ce fut douloureux de faire ce choix », déplore Bernard Perrot, président du club.
De 820 à 550 m²
Les raisons ? Lors d’une première entrevue fin avril avec la nouvelle municipalité, cette dernière a informé OISB qu’elle « avait déjà décidé que la Biennale devait être déplacée en centre-ville dès 2027, dans trois lieux différents, la Griffe et les deux étages du pavillon des expositions temporaires [du musée d’art et d’histoire], retrace Bernard Perrot. Nous étions interloqués, abasourdis. C’est beaucoup trop tardif, estime-t-il. Nous ne pouvions pas revoir notre organisation dans un laps de temps si court. En plus, nous passions de 820 m² de surface d’exposition à Robien contre 550 m² dans le centre. Nous avons été pris de court, stoppé dans notre élan », alors que des conventions avec des invités d’honneur étaient déjà prêtes à être envoyées.
La dernière édition de la Biennale de la photographie a eu lieu en 2025, dans la grande salle de Robien. (Objectif photo Saint-Brieuc)
Via un communiqué cosigné par Marc Picquette, adjoint à l’attractivité et la revitalisation commerciale et Jean-Charles Minier, adjoint à la culture, la Ville explique cette décision par la réorientation de sa politique culturelle municipale « en faveur de la revitalisation de son centre-ville » : la tenue de telles manifestations renforcerait « l’attractivité du cœur de ville » contribuerait « à sa fréquentation, au bénéfice des habitants comme des commerces et établissements qui y sont implantés ».
« Un chantage à la subvention »« Objectif de cohérence et d’égalité de traitement »
L’OISB indique avoir plaidé « de pouvoir rester dans la grande salle de Robien avec l’accompagnement indispensable de la Ville », en termes logistique et financier. Notamment, l’octroi d’une subvention d’un montant d’environ 5 000 € qui, selon l’asso, aurait été conditionné à ce changement de lieu. « Un chantage à la subvention », avance le président.
Dans son communiqué, la Ville répond : « Le versement de la subvention municipale spécifique qui accompagnait jusqu’à présent cette manifestation ne s’avère plus justifié », car « les conditions dans lesquelles la Ville accompagne les manifestations culturelles ont évolué depuis la création de la Griffe ». Et ajoute que cette décision répond à un « objectif de cohérence et d’égalité de traitement entre les différentes manifestations culturelles soutenues ».
Objectif image Saint-Brieuc, asso organisatrice de la Biennale de la photographie, refuse de déménager de la grande salle de Robien, qu’elle investit depuis 1998. Elle a donc décidé d’annuler l’évènement. (Objectif image Saint-Brieuc)
La Griffe, bâtiment non chauffé, a fait l’objet de pourparlers entre l’asso et la collectivité, car l’évènement se tient en plein hiver. À cet argument, la Ville a proposé « un report de la manifestation au mois d’avril 2027, période permettant l’utilisation des deux sites dans des conditions satisfaisantes ». Mais Bernard Perrot a balayé l’offre, car elle ne résolvait pas le problème de fond : « En gros, la mairie voulait qu’on fasse autre chose que la Biennale. Ça fait vingt-huit ans qu’on fait ça, c’est assez choquant. Le procédé n’est pas très respectueux du travail qu’on a déjà mené depuis 1998 », lance-t-il.