Le laboratoire de Spiez, chargé de la protection contre les menaces nucléaires, biologiques et chimiques, va être profondément rénové ces prochaines années. Le bâtiment principal et deux installations adjacentes, datant des années 30 et 80, ne répondent plus aux normes de sécurité et de recherche.
Au cœur de l’Oberland bernois, le laboratoire de Spiez est l’une des installations les plus mystérieuses de la Confédération. Les virus et les pathogènes les plus dangereux y sont stockés et étudiés. Après avoir fêté ses 100 ans l’an dernier, ce centre de recherche des risques nucléaires, chimiques et biologiques s’apprête à subir une rénovation d’ampleur.
Le chantier concernera d’abord le bâtiment principal et deux installations adjacentes. « Le nouveau bâtiment va nous permettre de séparer proprement les bureaux de l’administration et les laboratoires », explique mardi dans le 19h30 le Dr Christian Arioli, membre de la direction du Laboratoire de Spiez. « Nous allons pouvoir exploiter les labos de manière beaucoup plus modulaire. Ils seront tous équipés pareil, pour que leur utilisation réponde à chaque besoin. »
Des infrastructures vétustes
Sur certains emplacements, il faudra tout reconstruire. Un peu plus au nord du bâtiment principal, des bâtiments qui servent à effectuer des tests mécaniques sur les souffles d’explosions nucléaires sont vétustes. Les bâtiments présentent en effet des fissures et ne sont plus aux normes pour réaliser ces expériences. « Ici, vous constatez les signes de fatigue du bâtiment liés à l’âge », souligne Christian Arioli. « Ces bâtiments remontent aux années 30 et 80. Ils ne répondent plus pleinement aux besoins d’une exploitation sûre et scientifiquement valable. »
Parmi les installations concernées figure donc notamment le tube à onde de choc, où est testée la résistance de différents échantillons. Les fabricants de filtres à air pour bunkers y font notamment certifier leurs produits. Les plafonds de certaines salles portent encore les traces – des trous – de précédentes expériences.
« On se réjouit, car nous nous donnons les moyens de continuer à garantir la protection atomique, biologique et chimique de la Suisse et à l’international », conclut Christian Arioli. Le fameux laboratoire de sécurité biologique P4, de construction plus récente, ne sera quant à lui pas rénové.
Rouven Gueissaz