Conférence de plaidoyer politique sur la pérennité du programme de prévention, de contrôle et d’élimination du paludisme au Vietnam.
La conférence a porté sur la discussion du nouveau contexte épidémiologique, des défis rencontrés pendant la période de transition et de la détermination à progresser vers l’objectif du Vietnam d’être reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme ayant éliminé le paludisme d’ici 2030.
À la fin du premier semestre 2026, le Vietnam a enregistré des résultats positifs : 26 provinces et villes sur 34 sont officiellement reconnues comme zones exemptes de paludisme. Le nombre de cas de paludisme à l’échelle nationale a diminué de 97,76 % entre 2014 et 2024, atteignant un niveau historiquement bas de 246 cas en 2025. Cependant, le programme est confronté à une double menace : une augmentation des cas importés, au détriment de la transmission locale.
Le professeur agrégé Dr Hoang Dinh Canh, directeur de l’Institut central de paludisme – parasitologie – entomologie, a prononcé le discours d’ouverture de la conférence.
Les données des 30 premières semaines de 2026 montrent que les cas importés sont prédominants (77 %), principalement des personnes revenant de pays africains. Il convient de noter que les flux économiques mondiaux et les migrations internationales de main-d’œuvre modifient le paysage épidémiologique du paludisme au Vietnam. Par ailleurs, la résistance aux médicaments et l’évolution du comportement des moustiques constituent également des obstacles majeurs.
Afin de maintenir les acquis et de progresser vers l’élimination complète du paludisme d’ici 2030, les besoins de financement pour la période 2026-2030 s’élèvent à environ 3 658,5 milliards de VND. Les investissements seront axés sur le maintien du système de lutte contre le paludisme à tous les niveaux, le renforcement de la recherche et de l’innovation, et surtout la prévention de la résurgence du paludisme dans les zones où la maladie a été éradiquée.
Le Dr Ngo Duc Thang, chef du département d’épidémiologie de l’Institut central de lutte contre le paludisme – parasitologie – entomologie, a présenté les résultats de la prévention et de l’éradication du paludisme.
Dans un contexte de réduction de l’aide internationale, la santé numérique est perçue comme une solution de soutien complémentaire au rôle des gouvernements locaux.
L’Initiative Clinton pour l’accès aux soins de santé (CHAI) a mis en place un système de surveillance électronique des maladies infectieuses (eCDS) modernisé, permettant la déclaration des cas en temps réel et un retour d’information sous 48 heures. Ce système, désormais indépendant des fournisseurs, relie les données des hôpitaux et des centres provinciaux de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et réduit considérablement le délai de création des tableaux de bord d’aide à la décision, passant de plusieurs mois à quelques jours. Cette modernisation est essentielle pour la détection précoce, l’investigation rapide et l’intervention opportune, particulièrement importantes pour prévenir les récidives lorsque les ressources sont limitées.
La conférence a également abordé le rôle de nouveaux outils tels que les tests quantitatifs G6PD sur site, le traitement radical à dose unique par la tafénoquine et la stratégie PvSeroTAT (tests et traitements sérologiques) pour relever le défi du paludisme à P. vivax, avec le soutien de PATH.
Lors de la conférence, la Dre Nguyen Thi Thuy Van, représentante de l’Organisation mondiale de la Santé au Vietnam, a présenté la procédure de confirmation de l’élimination du paludisme. Elle a insisté sur le fait que le Vietnam devait n’avoir enregistré aucun cas de paludisme domestique pendant au moins 36 mois consécutifs. Le Vietnam doit constituer un dossier complet, comprenant un plan d’action national et des bases de données détaillées couvrant les 5 à 10 dernières années, avant de soumettre une demande officielle à l’OMS.
KHANH CHI
Source : https://www.sggp.org.vn/sot-ret-ngoai-lai-gia-tang-viet-nam-quyet-giu-muc-tieu-loai-tru-sot-ret-vao-nam-2030-post864849.html