Un nouveau maire au centre des attentions médiatiques, son prédécesseur déchu et un animateur de télévision connu pour son amour des vieilles pierres. Voilà les trois personnages du feuilleton qui a animé cette semaine la ville de Saint-Denis. L’élection de Stéphane Bern à la tête de l’association qui chapeaute la rénovation de la basilique a provoqué la colère de l’édile insoumis Bally Bagayoko. Beaucoup y voient une guerre d’ego.
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A l’origine du problème, la coutume établie jusqu’ici, qui voulait que le poste revienne au maire de la ville. Il avait jusqu’ici été occupé par le socialiste Mathieu Hanotin, battu aux dernières élections municipales. Mais cette fois, Bally Bagayoko a retiré sa candidature juste avant le scrutin alors que l’hypothèse d’un succès de Stéphane Bern s’imposait.
Bally Bagayoko dénonce des « manœuvres »
Une fois le scrutin passé, le maire LFI s’est indigné dans un communiqué, évoquant « de graves irrégularités ». « Nous dénonçons des manœuvres ayant conduit à contourner les statuts de l’association, avec le concours de plusieurs responsables exerçant de hautes fonctions au sein des administrations de l’Etat », proteste-t-il.
Bally Bagayoko soutient que des manquements aux règles prévues par les statuts de l’association ont été constatés. Avec pour conséquence, dit-il, une « rupture inédite ». « Pour la première fois depuis la création de l’association, le maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune est écarté de la présidence d’un projet emblématique pour le territoire ».
L’ex-majorité soutenait Stéphane Bern
Mais l’ancien maire et président de l’association, Mathieu Hanotin, joint par l’Opinion, réfute toute « irrégularité de nature à remettre en cause l’élection de Stéphane Bern ». Lui voit dans la réaction offusquée de son successeur une volonté « d’effacer ce qui a été fait avant son arrivée » et de faire disparaître toute trace de l’action de l’ancienne majorité.
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Car à Saint-Denis, l’issue de l’élection n’a pas été une franche surprise. Mathieu Hanotin soutenait en effet depuis la fin de son mandat de maire la candidature de l’animateur de télévision. « L’hypothèse était déjà sur la table », confirme-t-il. En espérant notamment que sa notoriété permette de réunir les 4,5 millions d’euros manquants pour boucler le budget.
Pour Mathieu Hanotin, l’attitude du maire est « sectaire »
« Au lieu de dire qu’il était normal que le poste lui revienne, Monsieur Bagayoko aurait dû proposer un chemin et faire en sorte de convaincre, insiste Mathieu Hanotin, encore échaudé par sa déroute au premier tour de l’élection municipale de mars. C’est une guerre d’ego qui est contre-productive à la fois pour la ville et pour le projet de rénovation ».
Pour l’ancien maire socialiste, l’attitude de l’insoumis est « sectaire » et relève de la « mauvaise foi ». Bally Bagayoko, lui, se défend. Il argue sur les réseaux sociaux que les critiques qu’il formule ne sont liées ni à la tradition qui veut que le maire devienne président de l’association, ni à un « face-à-face » entre Stéphane Bern et lui. « Ce n’est pas le sujet, écrit-il sur X. Le respect du droit avant tout ». Il n’a pas répondu aux sollicitations de l’Opinion.
Pas de quoi convaincre les membres de l’ex-majorité dont les relations avec la nouvelle équipe municipale sont glaciales. Le sujet est d’autant plus délicat que Bally Bagayoko, déjà ciblé par des attaques racistes après son élection, a fait l’objet de nouveaux commentaires discriminatoires arguant qu’un maire noir et musulman ne pouvait pas s’occuper d’une église.
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« Ce n’est pas héréditaire comme dans une monarchie ! », a quant à lui répondu Stéphane Bern dans Le Parisien. L’animateur a aussi indiqué avoir proposé au maire de Saint-Denis un poste de vice-président. Mais celui-ci refuse catégoriquement de participer à la gouvernance et pourrait contester en justice la validité du scrutin, a-t-il laissé entendre sur X.