La viticulture doit s’adapter au changement climatique. En raison des températures particulièrement élevées de ces derniers mois, les vendanges ont déjà commencé avant même la fin du mois de juillet dans le sud de la France et dans le nord de l’Italie, un record dans ces régions viticoles.

« Cette année est historique, car les raisins n’ont jamais été récoltés en juillet auparavant. Nous avons commencé les vendanges les 27 et 28 juillet, c’est un record », explique Matteo Castellani, responsable du syndicat agricole Coldiretti pour la zone de Casteggio, une commune située dans l’Oltrepò Pavese, région viticole du nord de l’Italie. « Les vendanges commencent habituellement entre le 10 et le 15 août », ajoute-t-il.

« Ces derniers mois, il y a eu une chaleur anormale, vraiment très élevée, et c’est précisément un symptôme du changement climatique dont, malheureusement, les agriculteurs et tout le secteur doivent désormais tenir compte », poursuit Matteo Castellani.

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Ainsi, selon Coldiretti, la récolte des raisins du Sangiovese – cépage le plus répandu d’Italie – pourrait débuter dès la mi-août en Toscane, une date très avancée pour les vins rouges, habituellement vendangés de septembre à novembre.

Pour le premier syndicat agricole italien, il n’a jamais été « aussi difficile de faire des prévisions quantitatives sur une vendange qui sera de fait étalée sur près de cinq mois et qui représente un véritable défi œnologique pour les entreprises, en raison aussi de la concentration en sucres que les températures record et la sécheresse » induisent dans les raisins.

Sécheresse inédite

Dans le sud de la France aussi, les viticulteurs ont dû s’adapter aux fortes chaleurs de ces derniers mois. « Il y a quand même 43 ans que je suis dans la vigne, c’est la première fois de ma vie que je vendange au mois de juillet », explique Alain Gleyzes, viticulteur à La Palme, dans l’Aude.

Luttant depuis des années contre la sécheresse, il a même dû arracher fin 2025 une vingtaine d’hectares sur les plus de soixante que compte son exploitation, après deux années d’aridité aiguë. Depuis plusieurs années, les vendanges dans cette région du littoral méditerranéen commencent chaque été un peu plus tôt. « On a perdu 30% du capital végétal mort de sécheresse, je n’avais jamais connu ça non plus de ma vie », ajoute Alain Gleyzes.

Alain Gleyzes sur sa machine à vendanger, le 30 juillet. [AFP - LIONEL BONAVENTURE] Alain Gleyzes sur sa machine à vendanger, le 30 juillet. [AFP – LIONEL BONAVENTURE] Adaptations

Face à cette évolution liée au changement climatique, vendanger plus tôt n’est finalement que l’une des adaptations à mener, insistent les vignerons. « En 2020, on a décidé de mettre en place une cellule de recherche-développement viticulture », raconte Marc Lafage, vigneron dans les Pyrénées-Orientales, qui a développé des recherches sur l’optimisation de la ressource en eau, notamment par l’amélioration de la capacité de stockage de l’eau des sols grâce à de nouveaux types de composts.

D’autres étudient les cépages ou pensent à modifier leur zone de production pour aller cultiver la vigne un peu plus en altitude, où il fait un peu moins chaud.

Cet éventail d’adaptations donne en tout cas des espoirs aux viticulteurs. « On a tellement de data depuis ces cinq dernières années que l’on commence malgré tout à voir un petit peu de lumière au bout du tunnel alors qu’il y a quatre ans en arrière, on se disait qu’on allait être dévoré », souligne ainsi Marc Lafage.

edel avec afp