Face à une désertification médicale qui s’aggrave, élus et professionnels de santé refusent de rester spectateurs. Depuis plusieurs mois, plusieurs dispositifs se mettent en place pour enrayer la fuite des médecins et attirer une nouvelle génération de praticiens.
Sur le territoire de la Haute-Vallée, les acteurs locaux ont choisi d’agir face à cette brèche médicale qui s’écartait de plus en plus. Avec les départs à la retraite de deux praticiens sur Quillan, un manque d’installation et d’attractivité, la Communauté des Communes des Pyrénées Audoises, du Limouxin, la ville de Quillan et l’ARS réfléchissent depuis plusieurs mois à des projets pour sortir la tête de l’eau.
Le dispositif régional « Un médecin près de chez vous », expérimenté pour la première fois dans l’Aude à Quillan est la première réponse concrète. La ville a vu partir à la retraite deux de ses médecins, accentuant le manque d’accès au soin sur la commune. Depuis juin, des médecins volontaires assurent désormais des consultations au centre hospitalier, avec une prise de rendez-vous via une plateforme dédiée. Le dispositif vient compléter les consultations déjà assurées par des infirmières en pratique avancée (IPA).
Des ambitions qui avancent
En parallèle, plusieurs projets structurants se développent. À Quillan, un centre de santé intercommunal des Pyrénées Audoises doit ouvrir à l’automne prochain. À Chalabre, un second projet, piloté par le Dr Jean-Jacques Bernatas, est en cours de montage administratif pour une ouverture espérée en 2027. Contrairement à une maison de santé, ces structures permettront de salarier les médecins et de favoriser le travail en équipe, un modèle aujourd’hui davantage recherché par les jeunes praticiens. Pour Stéphane Peille, maire de Quillan, la commune a déjà réuni une partie des conditions nécessaires. « Nous avons les médecins, les locaux et les financements. Il nous manque simplement le numéro de Fichier National des Établissements Sanitaires et Sociaux permettant de salarier les praticiens », explique l’élu.
La stratégie ne s’arrête pas aux centres de santé. À Axat, la maison de santé pluriprofessionnelle poursuit sa rénovation et un appartement est aménagé pour accueillir un médecin remplaçant et un interne. À Belcaire, où fonctionne déjà une Équipe de soins primaires (ESP), le conseil communautaire de la CCPA a renouvelé début juillet son soutien financier à hauteur de 6 000 euros pour 2026 afin de favoriser le maintien et l’accueil d’un médecin généraliste.
« Les professionnels de santé en attirent d’autres »
La CCPA mise également sur de nouveaux outils pour rapprocher les soins des habitants. Le développement de la téléconsultation accompagnée, le renforcement de l’ESP du Pays de Sault, la création d’un groupe de parole destiné aux personnes souffrant de troubles psychiques, un projet de Groupe d’entraide mutuelle (GEM) itinérant pour lutter contre l’isolement, ou encore le déploiement de la Mammobile pour le dépistage organisé du cancer du sein figurent parmi les actions engagées.
Malgré l’ampleur du défi, les acteurs du territoire veulent croire à une dynamique nouvelle. « Aujourd’hui, je suis confiant. Les professionnels de santé en attirent d’autres », concluait Christian Soula à l’issue de la commission santé du 29 juillet dernier.